V MORIX
Raspail, sans se douter du voisinage tout proche de r Abbave-au-Bois ? Combien même, en se dirigeant vers le square du Bon-Marché, s'inquiétèrent des toits de tuiles noirâtres surmontés de clochetons en façon de chapeaux chinois, dont l'architecture imprévue devait intriguer le passant curieux ?... Le numéro 16 de la rue de Sèvxes, où s'ouvre la griUe d'honneur surmontée d'une croix de fonte, forme en effet un contraste étrange avec les constructions neuves qui l'environnent . Et , par-dessus cette grille, l'on apercevait une façade flanquée de deux corps en avancée, qui rappelait le st^ie sévère du xvii<^ siècle.
Au reste, les constructions de r « Abbaye-au-Bois » naquirent en ce temps.
Ce fut d'abord le couvent des Dix - Vertus, fondé au même endroit en 1640, par les Annonciades de Bourges. CeUes-ci le cédèrent en 1654 aux religieuses Cisterciennes de la « Franche-Abbayeau-Bois », en Picardie.
Les Cisterciennes tenaient beaucoup à cette désignation d'une saveur champêtre ; aussi firentelles diligence auprès du pape pour obtenir la translation du titre de leur couvent primitif. Des lettres patentes d'août 1667 leur accordèrent satisfaction : le couvent des Dix-\'ertus devint désormais 1' « Abbaye-au-Bois ».
La prospérité fut grande au xviii"^ siècle. Les Bernardines y comptèrent comme abbesses des dames d'illustres familles : M™<^* de Richelieu, de Harlay, de Montcavrel, de ChabrUlan. A la même époque, en 1718, la duchesse d'Orléans, née princesse Palatine, mère du régent Philippe d'Orléans, inaugura la chapelle qui existe actuellement, demeurée jusqu'en 1S56 succursale de la paroisse de Saint- Thomas-d'Aquin.
La Révolution française convertit le couvent en maison d'arrêt, puis, après diverses vicissitudes trop longues à exposer, les bâtiments furent vendus
— PORTR.\IT DE M (Musée de Versailles)