RECAMIER
RECAMIER DANS SON SALON DE par DE JUINNE
en 1827 aux dames religieuses de Notre-Dame, chanoinesses régulières de l'ordre de Saint -Augustin, qui s'installèrent, ouvrirent une maison d'instruction pour les jeunes filles, et y vécurent jusqu'au vote des Chambres ordonnant la dispersion des congrégations non autorisées.
Dès la Restauration, les constructions dont les religieuses ne disposaient point pour leur usage, furent réservées à une quarantaine de locataires, toutes veuves ou vieilles tilles : sous le même toit que M""' Récamier, vivaient M'"*^de Séran, de Gouvello, d'Hautpoul, la duchesse d'Abrantès, M™'' Swetchine, M'"^'' de La Sablière, de Clermont-Tonnerre, etc. ; des femmes qui, suivant un mot célèbre, « se consolaient là, dans la religion, de leur beauté, de leur jeunesse, de leur fortune perdues. »
Mais, de 1S19 à 1849, l'Abbaye-au-Bois se confond avec le « Salon » de j/piie Récamier. C'est un tribunal souverain qui fait et défait les réputations littéraires, dispose des fauteuils à l'Académie française, où nul, sauf d'infimes exceptions, n'arrivait s'il n'était un familier de 1' « Abbaye ».
Des « familiers » nous ont d'ailleurs conservé des témoignages précieux de la royauté de M'""^ Récamier.
Ces familiers sont Alphonse de Lamartine, la duchesse d'Abrantès et surtout Chateaubriand dont les Mémoires d' Outre-Tombe comptent plus d'une page émue et reconnaissante pour son amie. Grâce à sa tendresse, ce grand orgueilleux ne cessa de connaître l'atmosphère d'encens et d'adulation si nécessaire à l'épanouissement de son génie. un