‹ L'Art et les artistes (volume 5)Chapitre 124 sur 186 · L ABBAYE-AU-BOIS · texte numérisé non relu

L ABBAYE-AU-BOIS

Souvenons-nous de la lecture des premiers chapitres des Mémoires d'Outre-Tombe devant les représentants les mieux qualifiés des Lettres et de l'Aristocratie,queM™e Récamier avait groupés autour d'elle ; souvenons - nous notamment de Moïse, tragédie insipide de l'idole, refusée par le baron Taylor, alors commissaire royal près le Théâtre Français, et offerte en primeur aux habitués de r « Abbaye-au-Bois ». Un succès d'estime accueillit cette œuvre de prédilection de l'auteur, mais, sans le charme de M'"*^ Récamier, ce demi-succès se fût achevé en déroute.

C'est que le culte de Chateaubriand était l'objet essentiel des réunions de l'Abbaye. Les familiers lormaient une cour flatteuse, toute disposée à encenser le grand homme, toute prête à favoriser les ambitions ou la gloire de celui à qui M™'^ Récamier témoignait ostensiblement une préférence marquée.

Et cependant M^^^ Récamier jouissait d'une telle puissance de séduction qu'elle parvenait à imposer à ses amis, tous épris d'elle, tous rivaux, le spectacle des faveurs, des privautés, qu'elle lui concédait avec une visible complaisance.

Sur ce royaume de l'Abbaye-au-Bois, nous possédons quelques documents de haut intérêt ; l'ouvrage le plus digne de foi est encore la thèse de M. Edouard Herriot pour le doctorat es lettres ; Madame Récamier et ses Amis.

C'est un véritable monument édifié à « la Madone de la Conversation », comme les Concourt la dénommèrent un jour de boutade (et ce jour arrivait fréquemment

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