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ENTREE DE LA SALLE DES SEANCES PUBLIQUES

Le Centenaire de l'Institut de France

au Palais Mas^arin

LE 25 octobre de chaque année, date anniversaire du 3 brumaire an IV (25 octobre 1795), les cinq Académies tiennent la séance publique annuelle de l'» Institut National » de France dans l'ancienne chapelle du collège des Quatre-Nations, sous la coupole d'un somptueux et magnifique palais, qui, après avoir reçu bien des destinations, sert aujourd'hui de demeure aux compagnies dont la réunion forme 1' « Institut ». Elles entendent ainsi rappeler, à leur manière, le souvenir du jour où la Convention, qui avait supprimé, par décret du 8 août 1793, toutes les Académies « patentées ou dotées par la nation », les rétablit dans les termes suivants : « Il y aura un Institut national, chargé de perfectionner les arts et les sciences, et de publier les travaux scientifiques et littéraires qui auront pour but l'utilité générale et la gloire de la République. Il sera divisé en trois classes : Sciences physiques et mathématiques ; — Sciences morales et politiques ; — Littérature et Beaux-Arts. » En arrêtant ainsi, dans son avantdernière séance, la création de l'Institut national, sur le rapport de Daunou, la Convention voulait

établir un lien entre les diverses branches du savoir humain, désirait étendre au domaine scientifique, littéraire et artistique, l'union, l'harmonie fondamentale que la Révolution avait fait naître entre les diverses provinces de l'ancienne France. Colbert, frappé de l'antagonisme qui existait parmi les Académies avait déjà, en 1666, formé le projet de constituer une sorte d' « Institut », mais l'Académie française s'\' était toujours refusé, de crainte qu'on ne portât atteinte à ses privilèges...

Le 25 octobre dernier, l'Institut, conformément à la tradition, s'est donc réuni solennellement pour entendre le discours d'usage du président du Comité administratif, emprunté tour à tour aux cinq académies, et pour applaudir avec discrétion et politesse, lieu de bonne société — les savantes lectures accoutumées ; cependant il ne fut point question d'un centenaire qui intéressait tous les membres de l'Institut, on ne dit mot de l'anniversaire qu'on pouvait évoquer en cette année 1906 qui marque dans les fastes académiques.

Cent ans, en effet, se sont écoulés depuis le jour où les membres de l'Institut, sur l'invitation de leur

« collègue » Napoléon Bonaparte, émigrèrent de la « Salle des Gardes » du Louvre, où ils tinrent leurs premières assises, au collège des Quatre-Xations. Installé en acût 1806, ITnstitut inaugura la salle des séances publiques le 4 octobre de la même année. Si Napoléon tira toujours vanité de son titre de membre de la classe des « Sciences physiques et mathématiques », où il avait été élu dans la section de Mécanique en remplacement de Lazare Carnot, exilé au 18 fructidor, et s'il prodigua les manifestations de respect à ses confrères, il n'hésita point à fractionner, le 3 pluviôse an XI, la classe de «Littérature et Beaux- Arts »

et à supprimer celle des « Sciences morales et politiques», composée en grande partie de ces «idéologues» qu'il détestait. L'Institut impérial compta, dès lors, quatre classes : « Sciences physiques et mathématiques » ; — « Langue et littérature françaises » ; — « Histoire et littérature anciennes » ; — « Beaux- Arts ». Ces classes ont survécu jusqu'à nos jours sous les noms suivants : Académie des Sciences ; — Académie française ; — Académie des Inscriptions et Belles-Lettres ; — Académie des Beaux-Arts. Louis-Philippe rétablit, le 26 octobre 1832, la classe abolie par Napoléon avec le titre de ; Académie des Sciences morales et politiques.

Le transfert des classes de l'Institut dans les bâtiments du collège des Quatre-Nations entraîna la réfection intérieure de l'reuvre de Louis Le Vau et de François d'Orbay. Ces aménagements ne se sont guère modifiés depuis 1806. Nous ne saurions donner quelques détails sur les salles du Palais M azarin, sans évoquer les circonstances singulières qui ont assigné finalement à l'Institut un édifice destiné d'abord à servir à l'instruction et à l'éducation de la jeunesse.

Giulio Mazarini passa les Alpes avec maigre escarcelle et mourut cardinal, ministre secrétaire d'Etat du roy de France, en possession d'une fortune colossale et d'innombrablescoUectionsdelivres,

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