MÉMENTO DES PUBLICATIONS
Das Deutsche Kunstgewerbe (igoôj.Herausgegeben vom Direktorium der Ausstellung. Munchen. Bruckmann, 1906. — 20 francs.
Die dritte Deutsche Ktmstgewerbeausstellung in Dresden. Koch, Darmstadt. — • 8 francs.
Die Deutsche Kunstgewerbeausstellung in Dresden. — Julius Hoffmann. Stuttgart, 1906.
L'exposition d'art décoratif de Dresde a été un des événements les plus importants de la vie artistique en Allemagne pendant l'année 1906. Elle a prouvé qu'un mouvement décoratif cherchant la simplicité de construction et de décoration a très heureusement remplacé ce cauchemar d'art nouveau d'il y a quelques années. Nous voyons dans l'œuvre des Bruno Paul, Riemerschmied, Olbrich, Pankok, Schulze-Naumburg. Wilhelm Kreis, etc., la recherche d'un style simple et original. C'est donc très naturel qu'on ait essayé de fixer le souvenir de cette exposition si importante par plusieurs publications. La plus importante parmi elles est celle de la maison Bruckmann, éditée par les soins du comité del'exposition même. Les six cents reproductions sont très bien exécutées et le texte est d'autant plus important qu'il a été écrit par les organisateurs de l'exposition et par d'autres autorités. Il suffit de citer parmi les auteurs MM. F. Schuhmacher, C. Gurlitt, H. Muthesius, F.' Naumann. C'est un vrai inventaire de l'art décoratif allemand contemporain.
La publication de Koch est formée de l'ensemble des articles parus dans la Zeitschrift fur Kunst und Dekoration, que nous avons déjà eu l'occasion d'apprécier.
L'ouvrage édité par M. Julius Hoffmann forme les volumes 2 et 3 de sa publication Dresdener Kûnsterhefte qui ont pour but de donner plus tard un ensemble sur le mouvement d'art décoratif en Saxe. Les planches en couleur sont un charme spécial de cette publication.
l'art français es ALLEMAGNE
Exposition de la collection Faure,à Stuttgart et à Munich. Exposition de peintres français contemporains à Karlsruhe et à Stuttgart. — Exposition d'oeuvres de Henry de Groux (Belge) à Vienne (Galerie Miethke). — Exposition de l'oeuvre de Constantin Meunier au Hagenbund de Vienne.
REVUES ITALIENNES
Rassegna d'Arte Seiiese (An. II, Fasc. II, Sienne). — M. FedericoTîermaninjjublie une étude sur un de ces grands primitifs siennois, Sano di Pietro, que le retour des Papes d'Avignon entraîna, avec un si grand nombre d'artistes toscans, à glorifier immortellement la première étape de la peinture chrétienne. L'étude de M. F. Hermanin est illustrée par de très belles reproductions du Trj'ptique de Sano di Pietro qui se trouve à Bolsena.
Ce tryptique est évidemment dû à trois artistes siennois du XT<ï siècle. M. F. Hermanin croit y reconnaître principalement l'art de Sano di Pietro. L'oeuvre, qui est composée de trois grandes parties et de six plus petites, reste une des plus profondément expressives de l'art siennois, malgré un saint Dominique agenouillé, assez laid, qu'un peintre du xvii« siècle crut devoir ajouter aux pieds de la Vierge.
M. F. MasonPerkins attribue à Lorenzo di Pietro. dit le Vecchietto, une fresque de la très vieille église de Sant' Ausano à Castelvecchio. Il parait que la figure de cette fresque est très belle.
La Parola degliArlisti (21 novembri.Rome). — Cetorgane de polémique et d'esthétique, dont l'Italie artiste manquait jusqu'ici, poursuit dans ses colonnes les plus rudes et les plus francs combats pour réveiller le sens artistique du gouvernement en faveur des œuvres de réforme que le public et la critique intelligente réclament. Un article, assez violent, s'adresse au Syndic de Rome, à propos de la récente profanation de la Villa Borghèse. Malheureusement
toutes les protestations des artistes n'ont eu aucune portée Et les pins célèbres de la célèbre Villa, sacrée à l'Histoire et à l'Art, sont tombés sous les coups des architectes du Palais de l'Agriculture.
La Parola degli Artisti ajoute sa voi.x d'indignation à celles des autres revues, qui auraient voulu voir respecter la sainteté des lieux où tant d'art est lié à tant de souvenirs.
Apna Ciovane (Novembre. Pontremoli). — M. Corrado Martinetti nous entretient de l'œuvre du sculpteur Carlo Fontana, à propos du monument à Garibaldi que celuici vient d'achever pour la ville de Sarzaun. « Je pense, dit-il, que la statue de Carlo Fontana. apportant un signe véritable d'art, n'est autre que l'élévation de l'esprit populaire de notre temps, scellé dans un corps très beau de lutteur, qui affronte l'avenir, pour un symbole d'amour, de lumière, de victoire... » L'illustration qui accompagne l'article ne justifie pas entièrement une telle exaltation de l'œuvre. Cependant nous n'avons sous les yeux qu'un dessin et il faut remarquer qu'au moins pour la première fois on a osé composer un monument du dernier condottiere italien, qui ne soit pas qu' une des innombrables statues équestres qui encombrent toutes les places de l'Italie.
La statue représente un jeune athlète nu et debout, qui s'appuie d'un côté sur un bouclier, où figure la tête de Garibaldi. L'idée est intéressante et originale.
l Ce numéro^d'^^Ha Giovane'est consacré «[à l'ombre de Dante; Alighieri ». Un numéro sera consacré à Michel- Ange.
i Ars et Labo>',{is novembre. Milan). — Article de^M.^^G. Stiavelli sur le peintre Camillo Innocenti.
Mme Paola Lombroso s'occupe d'un artiste^décorateur italien, M. Giacomo Cometti.
^RivistaTd' Italia (Novembre. Rome). — M. G. Arcoleo fait un bilan idéal de l'Exposition de Milan, en relevant la confiance en notre civilisation que cet ensemble de forces mondiales, réuni dans un grand marche, peut nous donner. "} Une table hors texte reproduit en trichromie un tableau de M. Teofilo Patiiii: L'Héritier.
Naturel ed Arte (15 novembre. Milan). — Un article, co pieusement illustré, de MM. Fleres, sur Velasqnezet Caldéron.
Dans la même revue. M. Guido Ribera continue sa promenade à travers les marbres et les bronzes funéraires, que nous avons signalée dans notre dernier numéro. Les nombreuses reproductions, du tombeau d'Engelbert, de celui du maréchal de Saxe, de celui de la comtesse Mathilde, etc., ornent l'intéressant article.
Emporium (Novembre. Bergame). — M. V. Pica continue de donner sa contribution critique à l'Exposition de Milan. Dans ce numéro il s'occupe de la section italienne d'art décoratif.
Quelques curieuses illustrations reproduisent le dernier portrait de Pie X, dû au ciseau de M. Hans Saint-Lerche.
CHRONIQUE DE LA CURIOSITÉ
Vente Kœnigswurter, à Berlin, Galeries Schitlte. — A l'étranger, il y a eu de grandes ventes. A Berlin, dans les Galeries Schulte a été dispersée la collection de tableaux anciens du baron Kœnieswarter. de Vienne. Ue total a produit le chiffre considérable de 2.500.000 francs. Le plus haut pri.x, 225.000 francs, a été atteint par un portrait de Rembrandt par lui-même.
M. Kleinberger, de Paris, a payé 105.000 francs pour un portrait de Frederick Marsclaer. Dar Rubens. Un portrait d'homme avec collerette nar Van Dyck, a fait S5.000 francs. Les tableaux de l'école anglaise se sont vendus à des prix très modérés.
Ventes anglaises. — A Londres, chez Christie, il y a eu quelques adjudications intéressantes. Va groupe en porcelaine de Saxe, représentant une dame vêtue d'une crinoline et portant un carlin, le tout sur un piédestal blanc et or, a étépayé 26,250 francs. Chez Sotheby. on adispersé la bibliothèque du duc rte Sutherland. Un volume contenant « les Politiques d'Aristote », Paris, M. de Vascoran, 1576, et « De la vicissitude ou Variété des choses en l'Univers », Paris. P. L'Huillier, 1579, a fait 16.500 francs. Ce volume, dédié à Henri III de France, est relié en maroquin de l'époque par Clovis Eve. avec les armes du roi et celles de France et la devise « Spes mea Deus ». Un autre volume « Natural Historv », par Nieremburg, contenant également « les vrais portraits des rois de France ». exemplaire du roi Charles 1", relié en'maroquin bleu à ses armes, a été adjugé au prix de 9.875 francs.Un livre d'heures du xv^ siècle avec 25 miniatures a tait 10.000 francs ; une troisième édition des œuvres de Shakespeare, 9.S50 francs, et un psautier anglais du xiv*" siècle avec une belle miniature à pleine page : 9.125 francs.
La vente Alexandre Blanc. — Elle a eu lieu à la Galerie Georges Petit les 3 et 4 décembre. Cette collection présentait une grande homogénéité, et ne comprenait que des artistes choisis ; Jongkind, avec 78 tableaux ; Boudin, avec 27 toiles ; Bonvin, Lewis Brown, Chaplin, Henner, Corot. Santerre, des aquarelles, des sculptures de Barye et de Rodin. L'intérêt allait tout spécialement au.x Jongkind.
Ses 7S tableaux firent un total de 312.S05 francs.
Les sculptures rie Rndin ont atteint des prix très raisonnables. U Eternelle Idole, groupe en marbre, 13. 000 francs; Amour maternel. 7.200 francs. Enfin on vendait un tableau de Santerre, le Billet doux.Ua.n dernier, à pareille heure, au même endroit, on vendait un Billet doux, de Fragonard, celui-là, et au prix de 420.000 francs !
Hôtel Drouof. ■ — Le 7 décembre, on a vendu à l'Hôtel Drouot, un tableau curieux de Lc'/j/hi', intitulé à tort Une
ferme, mais représentant un coin du vieux Montmartre. Ce coin existe encore actuellement. Cette petite bicoque soutenue par des contreforts, encadrée par des arbres, se trouve à l'angle de la rue du Mont-Cenis et de la rue Saint- Vincent. Il paraît que ce serait le vestige d'un ancien couvent fondé par Ignace de Loyola, ou encore d'une ancienne résidence de la belle Gabrielle. A travers les arbres on voit l'ancien Cabaret des Assassins, qu'on appelle aujourd'hui le Lapin agile.
Le 1 7 décembre, a eu lieu la vente de la collection Chavane, composée de tableaux de l'école de 1830 : Corot, Daubigny, Jules Dupré, Théodore Rous.seau, Troyon ; d'autre part, Jongkind, Ribot, Ziem, Gustave Moreau. C'est Gustave Moreau qui a eu les honneurs de la séance : on a donné 26.100 francs pour la Chaste Suzanne. Cinq délicats paysages de Corot, le Matin, l'Heure calme, le Pressoir, Chaumière sur la Falaise, Jeune Fille au tablier rouge, ont été adjugésàdes prix variant de 4 à 6.000 francs. Le GfrtKiCaHa,' à Venise, de Ziem (est-il besoin de le dire ?), 13.005 francs. IJ Abreuvoir . de Troyon, 13.100 francs. La Mer à Villerville, de Daubigny, 7. 100 francs. Le Coup de vent, de Dupré. 8.500 francs. ÏJ Intérieur de cour arabe, par Fromentin, ô.ioo francs, i^es Gorges d'Apremont, par Théodore Rousseau, 6,400 francs. Comme on le voit, les paysagistes de cette école sont toujours très considérés.
Le 12 décembre, une suite de six tapisseries flamandes à sujets de chasse, dans la manière [d'Oudry ou de Van der Meulen,a été adjugée 103.100 francs à M.Léon Helft. M. Rcseneau a donné 54.000 francs de cinq tapisseries flamandes dans la manière de Téniers. M. Velghe a donné 35.100 francs de deux tableaux du temps de Louis XV dans le style de Jeaurat. Une tapisserie de la même époque, représentant la Balançoire, d'après Boucher, a été adjugée 70.000 francs à M. Jansens.
La vente Carpeaux. dont le catalogue était préfacé par Maurice Guillemot, comprenait des dessins et des tableaux provenant de l'atelier du grand sculpteur. Le musée du Louvre a fait quelques acquisitions : une ébauche représentant un Bal aux Tuileries, 950 francs; une esquisse l'Attentat de Berezowski en 1867, 500 francs ; une peinture Un Bal aux Tuileries, avec la comtesse de Castiglione au bras de l'Empereur , 350 francs ; Un Bal à Compiègne. 500 francs. Il convient.de féliciter le conservateur des dessins. M. de Chennevières, ûe ces acquisitions.
Je dois signaler la vente du dernier fond de la collection Sauvageot. Un Violon de Lupot. qui fut donné à Sauvageot, en l'an VI, à l'occasion de son premier prix au Conservatoire, a été payé 3.600 francs. Car on sait que Sauvageot fut premier violon à l'Opéra. L. V.
Echos de la Mode
A VEC toutes les réformes actuelles, arrivera- 1 -on ''^ à supprimer les étrennes ?
Tous ces cadeaux ouvrent l'ère des fêtes, qu'on peut aussi appeler l'ère des malédictions, car elle en soulève, et de furieuses ! chez les gens revenus des vanités du siècle et pour qui l'habit noir et la robe décolletée, les veillées et les flonflons rentrent dans la catégorie des travaux forcés. C'est encore pis que pour les étrennes et l'impossibilité de s'y soustraire est encore plus grande, car on ne peut pas. vraiment, tuer sa femme ou sa fille pour éviter de la conduire en soirée. Donc, maris rébarbatifs, pères et mères grincheux se distinguent, endossent le harnais de bataille et « s'en vont au bal danser ». comme dit une vieille chanson, du même air qu'ils auraient poin^ aller se faire pendre.
Mais il ne manque pas de joie pour les yeux, car toutes les femmes sont fournies de charmants secrets grâce auxquels leur beauté augmente ou même prend
naissance. Ainsi, en parlant d'épaules, rien de plus simple que de donner aux plus ordinaires un grain fin, poli et nacré, par une lotion d'Eau Brise E.xotique et un léger nuage de poudre de riz Fleur de Pêche, deu.x produits qui se complètent et produi- .sent les meilleurs résultats.
L'un et l'autre appartiennent à la Parfumerie Exotique, 35, rue du 4-Septembre. Ils valent : l'Eau, 6 francs le flacon et 6 fr. 85 franco ; la Poudre. 3 fr. 50 la boite et 4 frajics franco.
Mme S.\xs-Gê\e.
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Savon à la Crème Simon
J. SIMON, Paris — Redouter les imitations
Excursions en Automobiles
■. .\ KiviER.\. — Malgré la rapidité et le luxe ■1-* du Train-Azur, il est des hivernants qui le quittent à Marseille pour continuer le voyage en automobile; et que l'on s'éloigne du littoral afin de visiter Draguignan et Grasse, ou bien que l'on suive la mer par Toulon. Saint-Tropez. Saint-Raphaël, l'itinéraire est plein de séductions: puis c'est Cannes, Antibes, Nice, Beaulieu. Monte-Carlo, Menton.
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auto, c'est un peu de votre home que vous emportez avec vous, le rêve de la roulotte se réalise
pour les p.oètes et les touristes.
Numéro 23 — Février 1907
Supplément illustré
de l'Art et les Artistes
L'Architecture et la Décoration moderne