‹ L'Art et les artistes (volume 5)Chapitre 161 sur 186 · FIG · texte numérisé non relu

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L'ancien

facettes desquelles le soleil se joue en lumières brillantes et en ombres cursives ; et cette niche en plâtre gravé du tombeau de la sultane de Chagzarat ad Dorr (fig. 5) ; l'artisan qui la gravait honorait en même temps la sultane et la lumière de son paj's. C'est bien là une décoration rationnelle aussi, adaptée merveilleusement à son milieu. Et toute l'architecture musulmane du vieux Caire était faite de semblables exemples de beauté et de raison.

]Mais, hélas ! un lambeau de la vieille -ville disparaît chaque jour; la spéculation frappe au hasard dans tel ou tel quartier ; la poussée s'est produite tout d'un coup du centre Ismaïlieh (quartier du

à la périphéiie.

Khédive Ismaïl, dont celui-ci distribuait gratui

tement les terrains, sans parvenir à faire bâtir

ni

KIG. fa

a été le premier envahi. La ville est allée au fleuve, puis elle a évolué vers le Nord et l'Est (quartiers de Tewfikieh et de l' Abbassieh) . On construit à tort et à travers avec une hâte de conquérants ; les rues sont souvent tracées en dépit du bon sens le plus élémentaire sans souci d'orientation, sans souci de perspective; les places elles-mêmes sont livrées aux caprices des simples maçons. On est ainsi arri\-é à des résultats frisant la démence. Les préoccupations d'ombres et de lumières qui hantaient les cerveaux des anciens constructeurs arabes sont ignorées des spéculateurs d'aujourd'hui.

Nous savons bien que les nécessités de la vie moderne ne peuvent plus se contenter des rues étroites d'autrefois ; mais, tout en perçant le Caire des larges voies nécessaires à l'activité moderne on aurait pu, par des portiques et des vérendahs, ménager l'ombre salutaire dont les anciennes ruelles garantissaient les promeneurs.

On y pense si peu à l'ombre

bienfaisante à ménager dans la nouvelle viUe. que le crime définitif se consomme aujourd'hui. Le jardin central de l'Esbekieh, gloire de verdure et de frais ombrages, va être éventré et détruit par la construction du nouvel opéra qu'on pouvait facilement réédifier sur l'emplacement qu'il occupe encore. Tous les artistes devraient protester contre cette faute inexcusable.

Mais hélas ! qui parle d'art et de beauté ? La spéculation emporte tout, les constructeurs n'ont pensé à rien de semblable; et, à part quelques exceptions, l'architecture moderne est représentée par les échantillons les plus bizarres de tous les t3rpes de constructions européennes.

Que l'on reconnaisse dans une ville cosmopolite comme le Caire l'origine et le caractère de toutes les maisons, nous y] consentons volontiers ; mais nous voudrions au moins que cette idée générale de l'adaptation de la forme aux besoins et aux milieux devienne l'idée directrice des constructeurs de tous pays qui édifient dans cette ville en ce moment,

Nous voudrions aussi qu'on s'abstienne de bâtir des viWas gothiques, ornées de clochetons et de toits pointus qui n'ont que faire ici.

Il v a heureusement des exceptions et une mention particulière doit être réservée pour la villa Zogheb (fig. 9) et l'architecte Hertzbey qui ont prouvé par des exemples de pierre que l'on peut faire moderne tout en respectant l'admirable tradition de ce paj's. ^lentionnons encore la viUa de Hussein Ruchdy bey, une des mieux réussies du Caire.

Fie. 7

On nous signale aussi des décorations intérieures charmantes de Louis Morin, le décorateur français.

Quelques maisons de rapport dans le stj-le autrichien pourraient peut-être être agrémentées de portiques, de loggias et de vérandahs (fig. 7 et 8).

Que les architectes et les artistes modernes qui construisent ici se promènent un peu pendant qu'il en est temps encore dans les ruelles du vieux Caire, qu'ils voient ces vieilles maisons, ces anciennes cours si gracieusement ornées et qu'ils tâchent de surprendre l'âme de la vieille ville pour lui arrachei le secret de son charme, pour reconstituer le pittoresque de son caractère.

Il en est temps encore ; une ville cosmopolite moderne peut s'élever, ayant une esthétiaue oarticulière faite de la vie et du mouvement contemporains.

Cette intensité de la vie moderne pourra corriger des fautes de goiit que nous pigeons peut-être trop sévèrement et que le temps mettra à leur vraie place.

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Charles Plumet.

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ART GREC (IV« SIÈCLE AVANT J.-C.) — FRISE SEPTEXTRIOXALE DU TRÉSOR DU CNIDE

(Fouilles Je Delphes)

Le Mois archéologique

LA légende rapporte que Zeus arrêtal'île errante de Lagia.pourque Latone poursuivie puisse ymettre au monde Apollon et Diane. En souvenir de ce mythe, le nom de Lagia est changé pour celui de Délos, qui s'applique à toutes les choses stables et visibles. Plus tard, le dieu des Neuf Muses se met en quête du lieu où il bâtira son temple. Il arrive à l'endroit prédestiné « sous le Parnasse neigeux, au pied d'un mamelon tourné vers le Zéphyre »; audessus sont suspendus des rochers, au-dessous court une vallée profonde et abrupte. Là, leprincePhcebos- .\pollon résout de bâtir un temple et il dit : « Voici où je pense bâtir im temple superbe qui sera pour les hommes un oracle, et eux m'amèneront toujours ici de complètes hécatombes, aussi bien ceux qui habitent le fertile Péloponèse que ceux qui occupent l'Europe et les îles entourées par les flots ; et moi je leur révélerai à tous un conseil, le dictant en mon temple opulent. « Et marchant sur les sommets rocheux du Parnasse, le dieu (( de sa main immortelle traînait d'immenses blocs, fondements de son temple ». Alors il rencontre Pythô, fils de la terre, qui lui interdit la place. Mais Phœbos aux armes d'or perce le dragon de sa flèche inéluctable ; puis il se purifie du sang qui a rejailli, et le front couronné du laurier cueilli en la fraîche vallée de Tempe, il cherche les prêtres qui annonceront ses décrets. Mais voici qu'à l'horizon, sur la mer d'un bleu profond, apparaît un navire crétois ; le dieu, méta-

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