GAUGUIN
Tahiti par la loi d'un atavisme qui lui fit retrouver là-bas l'ambiance du Primitif qu'il voulait être : « Je suis un sauvage, disait-il, et les civilisés le pressentent, car dans mon œuvre il n'y a rien qui puisse dérouter, si ce n'est le — malgré moi — du sau\-age ». C'est pour quoi il resta longtemps sans conquérir les appréciations qu'il méritait; les 227 numéros qui sont rassemblés permettent de connaître sa vie et son oeuvre en son ensemble, depuis ces dessins impeccables comme celui qui appartient à Maufra jusqu'à ces étranges bois taillés d'où est sortie la sculpture de Maillol ; on retrouve aisément les influences qu'il a produites, et certains de ses tableaux commettent des indiscrétions.
^Malgré l'hommage rendu l'été dernier à Carrière par la Société Nationale, le Salon d'Automne de\ ait à son président d'honneur d'évoquer sa grande mémoire; la décoration fu néraire qu'avait ingénieusement disposée 'SI. Dubufe avec des palmes et des guirlandes de lierre n'a pas été recommencée, mais l'importance des toiles exposées une suprême fois est plus absolue ; c'est avec une émotion respectueuse que nous avons revu ces peintures d'âme, ces synthèses de l'amour, de la maternité, de la famille, cette apothéose de la Vie faite d'intimité et de bonheur ; un portrait de l'artiste par lui-même, au front martelé sous les cheveux en révolte, le replace un instant à nos yeux là où on le voyait actif, dévoué, d'un génie accueillant, consacrant à l'organisation et au succès de ce Salon des heures qui eussent été fécondes dans le calme de l'atelier.
DEUX TAHITIENXES ACCROrPlES
DESVALLIERES