PORTRAIT DE M
Ile
Un mort aussi est rappelé à nous par des dessins, des plans, des photographies, C. L. F. Dutert, le créateur de la Galerie des Machines ; cette réunion de quelques documents est très modeste, il y a là cependant un art en transformation auquel on pourrait initier le public, et de véritables artistes commue Charles Plumet — qui cle\ ient ici notre précieux collaborateur — sont tout désirnés pour faire que la section d'architecture au Salon d'Automne ne soit pas quantité négligeable.
On ne saurait, comme pour les expositions ordinaires, catégoriser les exposants en peintres de portraits, de nus ou autres spécialités ; parce que, peintres, ils ne se cantonnent pas dans un genre, tra vaillent au gré de leur fantaisie obéissent à leur passion de la couleur, n'admettent plus que les marchands les condamnent à la fabrication identique à la Roybet ; faire le compte i^endu en itinéraire des salles n'est utile qu'au lendemain du vernissage ; à un mois de distance qu'il nous suffise de suivre l'ordre du catalogue, ce qui nous permet de débuter par l'adorable portrait d'une très jolie fillette, Mlle Marianne Vauxcclles par Abel Faivre; cet humoriste féroce se double d'un palettiste plein de grâce et de tendresse, il est exquisément dix-huitième siècle et Ton\-
Johannot à la fois. Abel Truchet rutile, en bon dernier ]\Iontmartrois, trouve sur la Butte des jardins éclatants du soleil du midi, pétarade des couleurs avec prodigalité, recèle cependant un Fin observateur comme le prouvent ses deux lithographies de Chanteuses ; Albert André, sans cet éclat de dureté, a des touches puissantes, chaudes, que son modèle soit une simple nature morte, Bourriche de -fleurs. Melons et fruits, ou bien une Baigneuse; Anglada Camarasa est un joaillcr, ses deu-x toiles attirent comme par les feux d'une \itrine de diamants ; la féerie chantante des tons lui fait même prendre ce titre :
Opales : dans les Jeunes filles d'Alcira, une délicieuse chose est celle ' ''^ qui au premier plan se baisse pour
nouer son brodequin ; Baignières a presque aboli les ombres sales dont il estompait ses chairs, et ses écouteuses du Joueur de flûte forment un groupe néo-grec (comme on disait au temps de Hamon et de Gérôme), d'une noble allure ; Baron est peut-être élève de Jean-Paul Laurens, son Ititérieur est solidement peint, rigoureusement observé; Barwolf surprend l'animation grouillante des fêtes foraines, chronique sur Paris au Boulevard Clichy ou de\ ant les Carrousels de la place Blanche, est en bon I ang parmi les historiens de notre ville ; BeUeroche