PAYSAGE
devant les décors de la nature, devant les manifestations de la vie animale. De quelle beauté secrète il a orné ses toiles lorsqu'il représente les sources cachées dans les bois, les rochers ruisselants d'eau, les feuilles vertes et mouillées, les trous des grottes et des feuillages, les rayonnements du soleil parmi les ombres de la forêt, sur le ruisseau qui coule à travers les pierres ! Avec quelle ivresse il peint cette solitude, et quelle émotion l'anime lorsqu'il voit entrer la biche ou le chevreuil, qui vient à pas légers mordiller les jeunes pousses et boire au clair ruisseau.
C'est là aussi, dans cette ombre et ce mystère, qu'il déshabille ses plantureuses Baigneuses, femmes de campagne sans malice en les- G. COURBET
quelles on n'a voulu voir battantes du réalisme.
Quelle puissance encor la Foret en hiver, les r neige, les arbres noirs et sol glacé ! De même, il
ETUDE
que les amazones com-
e lorsque Courbet peint ocs énormes chargés de l'animal hésitant sur le parcourt l'étendue, fixe le cours des rivières, les masses des collines, les mamelonnements d'arbres, les surgissements de rochers. Peintre de la mer il a su indiquer la grandeur de l'C)céan, le mouvement rythmé des vagues, leur force massive et leur fluidité.
Devant ses «marines», on connaît le souffle du large, on voit voltiger les embruns, on suit l'oscillation des barques abaissées et relevées par les lames.
Par ses paysages, coirme par ses scènes d'existence, par ses portraits.
Courbet a donc prouve qu'on pouvait atteindre au beau, à la puissance, à la gi"âce, en s'inspirant fortement et respectueusement des forme^ visibles.
Il comprend, il choisit, mais il n'arrange pas, il n'invente pas : il sait que le réel dépasse toutes les combinaisons et toutes les prétentions.
Il a prouvé que les réalistes pouvaient dégager la poésie des choses, qu'ils savaient rendre les sentiments les plus forts et les plus délicats.
Cela suffit à la gloire de ce grand artiste qui asu représenter l'homme et la nature avec l'intelligence et l'émotion d'un esprit lucide et enthousiaste. ^ r-
GusT.WE Geffroy.
P. S. — A la suite d'un article jiublié ici sur le
G. COURBET
DE
Troisième centenaire de Rembrandt, y ai rcçud'un lecteur de Bruxelles, M. David Pels, une lettre qui rectifie une erreur d'attribution du Samson, lequel se trouve, non à Cassel, mais à Francfort. De plus, toujours à propos de Rembrandt, un aimable confrère du Bulletin de Fart ancien et moderne rectifie l'érudition du D'' Scheltema à propos du troisième mariage du grand peintre : Scheltema a mal lu le livre mortuaire de la Westerkerk d'Amsterdam, et M. de Roever, dans Oiid-Holland, a démontré que la mention d'une veuve, nommée Catharina vanWijk, se rapportait, non à Rembrandt mais au peintre de marines, Jan Theunisz Blanckerhof.
Tant mieux ! On préfère"' voir Rembrandt, mourant seul, résigné, farouche et génial, après Saskia et Hcndrickie.