POUSSIN
instant, qu'il est donc impossible de parler définitivement d'un maître). Poussin, qui plaçait le Beau dans la « délectation de l'intelligence », ne satisfait pas constamment Delacroix qui voit dans une peinture « une fête pour l'œil » : et l'ancêtre a manifesté trop de sagesse pour avoir toujours du charme. Mais, au printemps de 1S53, dans son humble
et chère campagne de Champrosay, que son cœur anime, Delacroix est tout à Poussin; son Journal nous le montre occupant ses matinées à «débrouiller » cet article qui passera les 26, 28 et 30 juin 1853 non pas dans la Revue des Deux- Mondes , comme on le croit, comme on l'a dit, mais dans le Moniteur Universel, « se débattant »
avec Poussin , qu'il veut jeter par les fenêtres, et qu'il reprend avec fureur ou par raison. Quand Poussin l'a fatigué, la forêt le ravit, le calme et le console. Toujours est-il que le génie vraiment novateur du jamais été mieux
S.\IXP NORBERT
Français Nicolas Poussin approché.
Pour être moins apparent, son genre d'innovation n'est-il pas, en effet, de la quahté la plus exemplaire et la plus rare ? Poussin, qui paraît conventionnel aux impressionnistes, a dominé, toute sa vie, la convention qui l'environnait : et Delacroix a profondément deviné cette nuance capitale dans l'histoire du génie français. Le rude enfant des Andelys a connu l'aurore pénible et la gloire tardive : après deux assauts infructueux, il a trente