‹ L'Art et les artistes (volume 5)Chapitre 84 sur 186 · MARCEL BASCHET · texte numérisé non relu

MARCEL BASCHET

PORTRAIT DE MA GRANd'MÈRE Cl«siel)

c'est, pour exprimer le volume des corps, une série de filaments allongés, ou de petites touches entrecroisées, des tapotis, des damages, des accumulations de traits serrés qui rendent l'imitation des surfaces — suivant leur .état de rugosité ou de poli, de matité ou de transparence, d'unité ou de brisure avec autant de diversité lumineuse que le pourra faire le pinceau, grâce à la composition du ton et à la juxtaposition des couleurs à l'état pur.

Je dois me borner, après ces exemples caractéristiques , à l'énumération des dessins de M;M. Jeanniot, Léandre.

(juignard, Georges Picard, Morisset, Maurice Eliot ; j'excepte de solides études bretonnes de Lucien Simon, un Nocturne de Ménard, d'une eur^'thmie .mtique ; des bergeries et des sites picards de ce couple d'artistes mélancoliques que sont les Duhem. ces intimistes du plein air ; des têtes d'entant'S ébourriffés et rieurs de Lévy-Dhurmer : les ajoncs et les genêts armoricains de Henri Rivière: des fleurs, à l'aquarelle, de Jacques Blanche, fleurs que Pantin n'eût point désavouées; de jolis dessins à la plume de

Lebourg, une grande préparation à la sanguine de M. Lefeb\Te, devant laquelle, en vérité, on songe plus à Baudry qu'à Bouguereau ; un visage d'aïeule, du plus ferme accent, de M. Marcel Baschet.

L'ne aquarelle de ^Mlle Dufau, de sa meilleure manière, où les types basques sont figurés expressivement .

Et je recommande aux admirateurs de Turner le nom de M. Jeanès, qui sait nous donner l'impression frigide des cimes bleutées des Alpes dolomites; je ne crois pas que depuis Giovanni Segantini, on ait mieux compris qu'ilfaut peindre les montagnes , non d 'en bas, du creux des vallées, mais d'en haut, près des sommets neigeux. Quelques-uns des plus fervents élèves de Gustave Moreau, Georges Desvallières , René Piot,

Georges Rouault ' nous prouvent qu'avant de fréquenter Lautrec et Cézanne, ils ont aimé l'un !Mantegna, l'autre l'Orcagna, et le troisième Holbeinou Pisanello.Et si vous examinez de près une petite aquarelle au flamboiement extraordinaire, de Rouault, c'est à Ravier, un des chefs trop ignorés de l'école lyonnaise , que votre pensée se reportera.

C'est donc bien, à quelques excep-

DANIEL VIERGE — le jeu de la marmite (gouache)

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