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HOMMAGE A DELACROIX

-Munet Bracquemond De Balleroy

Chanipfleuiy Baudelaire

Le Mois Artistique

La collection Moreau-Nélaton, au Louvre. — C'est un don précieux que l'aftiste a fait auMusée du Louvre, et l'on peut s'étonner qu'on ne lui ait pas ouvert les portes toutes grandes au lieu de l'emmagasiner au pavillon de Marsan, il y a sans doute là-dedans des chefs-d'œuvre qui ne sont point encore reconnus tels dans les bureaux d'à côté. Le patrimoine national se trouve augmenté de véritables richesses, il faudrait tout citer et tout admirer : Les Croisés et la Nature Morte, de Delacroix, celle-ci un ])restigieux morceau de peinture ; les Corot, La Cathédrale de Chartres et la Velléda ; le célèbre Déjeuner sur l'Herbe, de Manet; le Rêve, de Puvis de Chavannes ; une Maternité, de Carrière, la page la plus belle peut-être que le maître ait produite ; et des Ingres, des Daumier, puis Millet, Rousseau, Cazin, Boudin. Jongkind, Decamps, Hervier, etc. Posséder un semblable musée chez soi et, de son vivant, s'en priver au profit des collections de l'État, est un admirable geste.

L'Union centrale a fait coïncider avec cette première sensationnelle une exposition d'étoffes orientales d'un intérêt très particulier, où l'on remarque les vittines de M. Henry-René D'Allemagne.

Société des peintres du Paris moderne (Grand Palais). — Parmi les innombrables Salonnets au.xquels on nous convie, celui-ci qui en est à sa quatrième exposition s'affirme certes l'un des pkis intéressants ; il y a là un ensemble d 'œuvres tout à la fois picturales et documentaires que devrait retenir le Musée Carnavalet : La Neige au Canal Saint-Martin, par Jules Adler; Saint-Germain-V Aitxerrois et L'Institut, par Béjot, exquis dessinateur; /,(■ Pont Saint-Michel, par Boggs; le Pont-Marie, par Bonneton; La rue Royale, par Carette; La place Saint-.Sulpice, par Diriks; Le quai de la Tournelle, par Ricardo Florès ; Une Usine en ruines à Grenelle, par Adrien Lemaître; Le Moulin de la Galette, par Lempereur: Ménilniontant. par Luigi Loir; Le bal Bullier. par Minartz; Le bar Tabarin, par Fernand Piet ; La Muette, par Renefer ; La vieille rue Lepic, par Vauthier. Il faut mettre hors pair Raffaëlli et Jeanniot, ainsi que Prunier avec ses aquarelles magistrales et Henry Laurent qui promène sa claire et saine vision des Halles au Luxembourg (ce dernier tableau a été acquis pai l'Etat).

Prix du Salon et Boursiers de voyage (Grand

Palais). — Il est regrettable que cette exposition ne soit que quinquennale, car elle a beaucoup plus d'attrait que les Salons annuels, on y peut se faire une idée synthétique de l'artiste grâce à ses envois multiples et aux études, esquisses, pochades indiscrètement révélatrices, que les jurys habituels ne daigneraient point admettre ; chaque exposant a son panneau où il met ce qu'il veut, et cette fois, je ne me plaindrai pas de retrouver des œuvres déjà vues ; citer les noms suffira à évoquer les talents : Adler, peintre des humbles, Avy à Grenade, Bellan à Volendam, Berges à Séville et à Venise, Bompard en Aveyron. Buffet au désert Dankali. Charpentier en Tunisie, Mme Chauchet-Guilleré et ses portraits d'intimité, Chigot et le château d'Aubry, Cormon et en des genres différents tous ses envois, Cottet toujours noirâtre. Mlle Delassale à Dordrecht, Mlle Delorme et ses dessins, Désiré Lucas et ses paysans, Dinct et ses Arabes, Mlle Dufau et ses Catalans, Maurice Eliot à Pasajès, D'Estienne à Plougastel, Priant et ses portraits au crayon, Grau et ses mariniers, Guillonnet ensoleillé. Henri ^lartin lumineux, Albert Laurens à Tivoli, Pierre Laurens et ses portraits vénérés, Ernest Laurent et ses pivoines. Loup et sa poésie exquisement voilée, Morisset sur les plages, ^luenier à Assise, Henry Royer et ses bretonnes, Saint-Germier à Venise, Steck et ses deux petits paysages, Surand et ses dessins de tigres, Sureda à Londres, Wery à Venise, Zo à Séville et à Pasajès {la Partie de pelote).

A la sculpture. Boucher, Boverie, Cordier, David, Derré, Fix-Masseau, Gardet, Gaudissard. Mlle Itasse, Laporte-Blairsy, Larche, Max-Blondat, Michel, Roger-Bloche, Sudre, Theunissen, Verlet, Vital- Cornu. A la gravure, Bahuet, Coppier, Corabieuf ; à l'architecture. Boutrou, Gagey, Tronchet.

T.\BI-E.\rX. DESSINS, AQUARELLES, EAUX-FORTES

DE MAXIME >LAUFRA. (Galeries Durand-Ruel). — Un livre paraîtra bientôt, monographie détaillée et documentaire de l'artiste, on y suivra avec des dates précises son évolution successive, on verra les étapes qu'il a fournies avant de parvenir à sa formule de 1906, qui est d'absolue maîtrise, et le texte ne sera qu'un commentaire de l'exposition actuelle dont les tableaux vont de 1899 à l'automne dernier. Après un long et patient labeur, des recherches passionnées, avec une volonté têtue, des efforts et des progrès incessants, Maufra est maintenant l'im des premiers de ce temps, sans s'appai enter nullement à telle ou telle secte, sans subir aucune influence ; et il tient cette place parce que la fougue de sa touche a dessous un travail très sérieux (comme en témoignent ses croquis à l'aquarelle), parce que sa vision est siire, qu'il regarde un mauvais temps sur la grève, la petite église du Locro-

nan.ouleportdu Croisic et ses bateaux de pêche. Il peignit jadis la montagne, en Ecosse et dans l'Ardèche, aujourd'hui il revient à la mer et à la Bretagne, et toutes les toiles de igo6 apparaissent d'une admirable matière : le but est atteint, le peintre est consacré maintenant.

Œuvres de Henri Lebasque, peintures et aquarelles du Midi. (Galeries Georges Petit.) — Ce peintre lumineux, vibrant, est allé cette fois vers le grand soleil du Midi, et les tableaux qu'il rapporte de Saint-Tropez affirment davantage encore sa personnalité ; verdures fleuries, lointains de montagnes mauves, flots de corail sous les lueurs du couchant, voiles bigarrées au repos, toits rouges parmi les arbres, troncs tourmentés encadrant une toile de fond, nus tachés d'ombre, gestes simples d'antiques, étés somptueux, torrides, débauches de clarté, vibrations d'atmosphère, harmonies roses, c'est de l'art de franchise, de recherche, de volonté ; des ressouvenirs de Signac sont inutiles, Lebasque a sa manière à lui, plus vraie, plus saine. Pour la première fois il expose des aquarelles, et c'est un enchantement, ces notations rapides, quasi instantanées, la mer violette, la citadelle, le phare surtout, ont une finesse, une subtilité de tons, un laissez-aller apparent d'exécution, séduisent absolument ; et des dessins, rehaussés de pastel, représentant de jolies fillettes, en des attitudes coutumières, complètent cet ensemble de tout premier ordre.

Société internationale de la peinture a l'eau (Galerie des Artistes modernes). — Cette exposition vient après celle de la Société internationale d'aquarellistes, et, comme elle, forme une réunion d'un réel intérêt : les bretons très étudiés de Bartlett, les spirituelles scènes à Versailles d'Alexandre Benois. les paons de B'racquemond. modèle de la broderie somptueuse que l'on vit à Bagatelle ; le brio de couleurs de Brangwyn, la Hollande de Cassiers, dont les Ecluses à Amsterdam posèrent déjà devant Mlle Delasalle ; la série d'Alfred Delaunois dans l'église Saint-Pierre de Louvain, la turnérienne fête vénitienne d'East, le château du Breau de Walter Gay, la nuit d'hiver de La Touche, les chevaux de Luigini, les marines émouvantes de Marcette, les prestigieux Bédouins et les merveilleuses Venise de Sargent, la Bretagne un peu sommaire d'exécution de Lucien Simon, les prestes et pittoresques et primesautiers tableautins de feu Henri Stacquet.

Exposition Luce. (Chez Bernheim jeune et Cie.) — « ... Un sensitif épris du charme de la vie, et qui n'a aucun effort à faire jiour devenir un charmeur

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