‹ L'Art et les artistes (volume 5)Chapitre 96 sur 186 · ROUMANIE · texte numérisé non relu

ROUMANIE

roumaines, attribués par la légende explicative à « M. Th. Aman, de Valachie. » Il y eut en lui un peintre historique, un célébrant consciencieux, mais un peu déclamatoire et romantique, des grandes journées de l'union des deux Principautés, des débuts du prince étranger et de la fondation du Royaume, enfin un aquafortiste, le tout d'un certain mérite pour l'époque et pour cette Roumanie d'antan; quelque chose comme ce que sont devenus aux dernières années du présent règne, avec leur fringance et leur souplesse étrangères, M. Thaddée de Ajdukiewicz et M. Jean Leconte de Nouy, frère de l'architecte.

Il en va tout autrement de l'autre peintre que nous tenons à associer à la gloire de Grigoresco. C'est M. Mirea, un portraitiste de l'école de M. Carolus Duran. On lui doit, dans une galerie de somptueuses toilettes, quelques apparitions féminines qui contiennent toute la volupté des yeux orientaux, la magnificence de chairs radieuses et la gravité mûre de certains opulents automnes de beauté. Je sais de lui en outre certains portraits de petites princesses qui demeureront un des meilleurs sujets de rêverie que l'art du siècle passé offrirai la méditation de nos après-venants roumain s. Il y a aussi la décoration du palais Venesco, et l'effort vers l'art religieux tenté à la cathédrale

GSCAR SPATHE — F.\LXE D.\NSAXT

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kian et Strambulesco. Mais ne serait-ce pas me demander beaucoup que de dresser moi-même à force de retourner les tableaux amassés face contre le mur le catalogue d'une exposition qui, trois mois après son ouverture et deux avant sa clôture, est encore à peine en formation^?

Du statuaire Georgesco — un vrai grand artiste — je n'ai rien vu au Palais des Beaux-Arts. En revanche, j'y ai rencontré de belles œuvres de M. Spathe : un buste de saint Jean-Baptiste, gracile et sobre, tout florentin, une figure allégorique de bronze, maigre et grandement drapée, offrant de ses deux bras tendus, une croix lumineuse à la vénération, enfin quelques bustes de contemporains d'une fière tournure.

Si toute la gloire de l'exposition rétrospective revient à Grigoresco, on ne saurait omettre sans injustice les trois autres peintres qui ont joué à ses côtés un certain rôle dans la vie artistique bucarestoise. Ceux qui ont eu l'occasion de feuilleter de vieilles années de V Illustration se souviendront peut-être, à l'époque de la guerre de Crimée, d'avoir rencontré des dessins de scènes populaires

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G. PETRASCU — MAISONS a vitré (Bretagne)

de Constanza.

Enfin, et surtout, il y a le grand tableau du Vcrful Cil dor vu à l'Exposition universelle de Paris, 18S9, qui restera une sorte d'apothéose du berger roumain. Comparez en effet l'épique Ciohan (pasteur) de ce Pic aux regrets, beau comme le Thalassa dont M.

Alexandre Mace-

donski nous a conté le Calvaire de Feu, au pastoureau réaliste de M, Strambulesco... Il y a toute la distance de la Roumanie des poèmes d'Alexandri à la Roumanie économique et politique et même.,, touristique d'aujourd'hui.,. Et pourtant, ce ne sont que deux véridiques portraits de paysan.

Enfin il me reste à citer le bon peintre de marines, Voinesco, successeur et rival d'Aivasovski, dans l'art d'évoquer les douceurs caressantes et nuancées des belles journées de la mer Noire sans que je sache s'il est aussi, comme l'artiste russe, le chantre des furieuses tempêtes, dont l'une des

Je.\N STERT.\DI — LES H KIVUTZÉ » (b.\digeo.\xeuse

plus belles est au Palais-Ro\-al de Bucarest.

Et voici à mon grand regret, le peu qu'il m'est permis d'écrire sur cette exposition.

C'est la critique forcément incomplète d'une symphonie i n a chevée.

Que la Roumanie nous pardonne de n'avoir pas dit ce qu'elle n'a pas su nous montrer et qu'elle veuille bien croire au profond amour pour son art populaire, pour ses antiquités et son histoire, pour son architecture renaissante, pour son grand artiste Grigoresco ; à la sincère admiration pour les progrès accomplis en cinquante ans par le pa\'s qui s'est toujours considéré comme une sorte de France orientale, et à l'immense respect dû à la personne du Souverain que l'histoire appellera Charles le Sage, éprouvés par le signataire de ces lignes, à son grand regret si parcimonieusement mesurées.

WiLLI.AM RiTTER.

A. CLAVEI. — MONUMENT FUNÉRAIRE AU CIMETIÈRE BELLIO

L ADORATION DES ANGES (Bas-ielief de In Chapelle)

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