‹ L'Art et les artistesChapitre 10 sur 150 · NAPOLEON ET SON FILS · texte numérisé non relu

NAPOLEON ET SON FILS

Le Scheick dont le burnous au vent se soulevait ;

Le Guide et le Spahi, des boutons plein les manches.

Tous défilaient, depuis le HtissarJ Blaiie jusqu'au

Dragon à pied du temps du roi Louis-Philippe....

Le Zouave courait sans cesse ; le Turco

Souriait au danger dans une horrible lippe....

Finissant chaque page, accortes, le corps droit,

La main gauche sur leur bidon, des Cantinières

Aux yeux hautains tenaient en l'air le petit doigt,

Afin de témoigner de leurs belles manières....

D'autre part, des combats : Aima, Mamelons-Verts,

Tchernaia, Kalafat, Tilsitt, Wagram, Aréole,

En tous lieu.\, l'incendie éclairant l'univers.

Les fiers récits...! les beaux tableaux...! la bonne école !

N'est-ce pas l'idéal des faibles batailleurs.

De pouvoir sans danger chez soi faire la guerre .'...

Nous apprenions aussi, sans comprendre d'ailleurs,

(Les questions d'argent ne nous important guère)

Que « les Mauvais Payeurs avaient tué Crédit ».

Ce dénommé Crédit, qui donc pouvait-il être ?

Et ce Cagliostro, quel est-il, qui prédit

L'avenir, et tutoie un roi, et parle en maître ?...

Aucuns récits pourtant ne m'ont plus absorbé.

Malgré leurs airs menus de fragile ariette. Que les fâcheux destins de Pyrame et Thisbé, Sinon ceux de Damon retrouvant Henriette. ,

— Souffrant de mille maux que seul le fer calma, Thisbé perce son flanc près du sanglant Pyrame. Ils expirent avec un geste à la Talma....

Une lionne aux yeux de vache assiste au drame.

— Movenàgeux, fébrile, intrépide, bravant Les consignes, Damon pénètre dans le cloitre Où sa chaste Henriette, esclave du couvent. Sous sa guimpe paraît dissimuler un goitre.

— Ces héros précieux en des maillots étroits. Exhibent la splendeur de leur anatomie ;

Et si Damon ressemble à Napoléon Trois, Pvrame a des langueurs de bacchante endormie

Grâce à ton dessin fruste — humble graveur sur bois Qui fis jaillir ton rêve ému d'un coeur de hêtre — J'ai lu le mot Amour pour la première fois... Et c'est pourquoi je te vénère comme un maître.

Hugues Delorme.

Illustrations d'après les images d'Epinal de la collection Bernard Frank.

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