G.\BRIEL TR.\RIEUX
P. -S. — h' Espionne, de Sardou. malgré des rides accusées, s'est fait applaudir à la Renaissance. Et le fils de Guitry. Sacha Guitry, débute heureusement aux Mathurins avec trois actes : Nono.
Chronique Musicale
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1J»'T kl foule d'assiéger sans cesse les salles de con- ^^ ccrt. malgré les noms nouveaux (]ui. depuis la louable initiative de ;\I. llniiy Jlarcel, figurent chaque dimanche sur les alhches !
Que doit i)enser de cet état de choses certain seigneur important tpii. jadis, prétendait (\\\v la [irésence d'une œuvre nouvelle sur un programme, même fût-elle entourée de pages célèbres, suffirait à effrayer le public et à motiver son abstention ? Ne se reproche-t-il ])as quelquefois à présent d'être resté sourd si longtem])s aux ])rotestations d'une partie de la presse — j'eus l'honneur d'être avec mon camarade Bruneau parmi les protes tataires les plus énergiques — et d'avoir ainsi contribué à faire piétiner sur place, jiendant tant d'années, la jeune école française ?
Je sais bien que toutes les comjiositions entendues cette année ne sont pas de fjualité supérieure, mais qu'importe si, dans le nombre, il se révèle une nature ou si, grâce à des exécutions répétées, nous pouvons juger des progrès accomplis jiar ceux qui n'en sont déjà plus à leurs débuts.
Ne trouvez-vous pas qu'il soit intéressant, par exemple, de faire connaissance avec une jiartition nouvelle de jM. Rabaud, partition écrite sur un sujet très apparenté avec l'un de ses envois de Rome ? Tout n'est pas également digne d'éloges dans ce morceau tiré du second livre de Job ; l'allure générale, bien que très mouvementée, manque peut-être d'imprévu, de révolte, de désordre apparent, si je puis dire, au bénéfice de qualités scholastiques remarquables. N'importe, la facture en est savante, l'ordonnance habile, l'instrumentation d'une écriture superbe. Il n'en fallut pas davantage pour que l'auditoire lui fit un accueil chaleureux ainsi qu'à l'éminent interprète de la partie vocale : M. Dufrane, de rOpéra-Comique.
Et voyez comme ces premières auditions sont instructives ! Tandis qu'au Châtelet il était permis de reprocher à M. Rabaud des tendances un peu trop classiques, au sens « Conservatoire » du mot, aux concerts Lamoureux, le contraire se produisait à l'égard de M. Casadessus et de son Quasimodo.
Ici, une impétuosité déréglée, faisant moisson de tout ce qui .se rencontre sur son chemin, sans
grand souci' du fond et de la forme, avec un orchestre ])arfois ])cu fondu mais avec des qualités de vigueur et de jeunesse qui méritent d'être grandement encouragées.
Avec \iL Cathédrale très réussie de M. Max d'Olonne nous rentrons dans la musique sage, dans la nuisique bien faite, quoique pas toujours très personnelle, M. d'Olonne aime et admire l^eaucouj) Massenct ; ce n'est ])as moi (jui l'en blâmerai ; mais juge-t-il bien nécessaire de faire, parfois, tro]) \'isiblement éclater dans .ses œuvres cette amitié et cette admiration ? Il a pourtant assez de talent et une nature a.ssez fine |wur pouvoir se contenter d'être lui-même !
Ce n'est ])oint non plus par la personnalité que brillent les trois mélodies de M. Gay que .M""' Mellot-Joubert nous a fait entendre aux Concerts Lamoureux. Toutefois le charme qui s'en dégage est très réel et le public les a courtoisement applaudies.
Ouand j'aurai cité une très musicale ])iôce jMnu" flûte et harpe de M.Périlhouet quand j'aurai mentionné l'exécution d'un Soleil couchant de M. Lefèvre-Derodé, de Reims, dont les qualités méritaient d'être appréciées, je crois que j'aurai fait le compte des dernières nouveautés françaises de ce commencement de saison. L'étranger nous a révélé rme très curieuse Kermesse de M. J. Dalcroze et un Concerto de piano de Rimskj'-Korsakoff, merveilleusement joué par M. R. Vinès.
Est-il nécessaire d'ajouter qu'au Châtelet les œuvres de Beethoven triomphent chaque dimanche et que, rue Blanche, M. Chevillard se couvre de gloire en dirigeant superbement Haydn, Schumanii. ^lendelssohn, Liszt, Wagner, Franck, Rimsky-Korsakoff, etc ?
Les samedis de la salle Pleyel attirent un public nombreux, grâce au maître pianiste M. Risler, incomparable dans les Sonates de Beethoven. ■ Quant aux Qitators de l'immortel auteur de Fidelio, si vous désirez en entendre de parfaites exécutions, n'omettez pas d'assister aux très belles Soirées d'art fondées, avec un succès complet, par M. Barrau. Là v'ous serez témoin chaque jeudi du triomphe de l'incomparable Quatuor Caj>et.
Fernand Le Borne.
L'Art dans la Mode