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LA «VENTS AV MIROIR» OU « VÉNET CUS UPIDON

(D'après la puintuiede X'KLASOl'KZ tout récemment acquise par la National Gallety de Londres au ]irix de plus d'un million et demi).

AMGILJETEMIRIS

■J TNE œuvre d'une rare beauté, la Vénus au ^^ miroir, de Velasquez, vient de faire son entrée dans la National Gallery de Londres.

Cette toile était en Angleterre depuis 1813; mais, sauf une apparition à la fameuse exposition de Manchester (1857), où figurèrent vingt-six! Velasquez, puis à V Académie Royale (1890) lors de l'exhibition des Vieux Maîtres, elle ne fut accessible au public que ces temps derniers dans les galeries de M. Agnew, d'où elle sortit pour gagner sa place éternelle aux Galeries nationales '.

La Vénus au miroir, ou, pour lui donner son titre plus exact, Vénus et Cupidon, fut peinte, dit-on, par Velasquez pour Philippe IV. pour faire pendant à la Vénus du Titien. C'est l'unique étude de nu de Velasquez actuellement existante. Une autre œuvre, d'un caractère similaire, Vénus et Adonis, esi

I. Thoré la vit à l'exposition de Manchester et elle lui inspira les lignes suivante : « La Vénus de Velasquez est étendue en travers d'une toile de 6 pieds, couchée sur le côté droit, dans l'attitude de la rêverie, la tête appuyée sur un bras replié ; on ne voit rien de son visage. A peine une indice de profil perdu; mais la nuque, surmontée d'une abondante chevelure brune, dans laquelle les doigts de la main sont noyés; mais le dos cambré, dont une raie serpentine indique la souplesse; mais les hanches, et ce qui

supposée avoir été détruite dans l'incendie de V Alcazar Palace.

La couleur du tableau est sobre et en demi-teinte ; toute la magnificence est dans la chair superbe de la souple fîUe andalouse — une paysanne, semble-t-il, — mais transformée en une véritable déesse par le prodigieux art du peintre. La pourpre éteinte de la draperie sur laquelle eUe repose, le rouge profond des rideaux par derrière, le cadre d'ébène du miroir, tout sert à exalter la lumineuse beauté de la figure centrale.

La National Gallery of British Art a. vraiment été comblée cette année, car elle à été dotée d'une toile charmante, offerte par M. Duveen. C'est l'exquis portrait de miss Ellen Terry en lady Macbeth, signé M. J. S. Sargent R. A. Il a été fait il y a dix-.sept ans environ et passa en la possession de sir Henry Irving. Après avoir été acheté à la récente vente

suit, jusqu'au bout du pied, qui touche la bordure. II est impossible d'imaginer une ligne plus gracieuse que celle qui. partant du cou, s'arrondit à l'épaule, se creuse à une taille délicate, rebondit en montagne et glisse ensuite tout d'un jet le long d'une jambe effilée. Il y a quelque chose de Watteau dans la forme élégante et introuvable de cette belle nonchalante Comme qualité de couleur et comme harmonie on ne citerait pas beaucoup de Velasquez plus distingués. »

Irving, une offre en fut faite par l'Amérique. M. Duveen en fit une semblable, avec l'intention de l'offrir à la nation, à la condition que cette proposition fût acceptée par l'exécuteur testamentaire de sir Henry.

Les deu.x prmcipales expositions au point de vue de l'intérêt ont été celle de la Société des Arts et Métiers et celle de la Société internationale. La première est obligée de se loger à la Grajton Gallcry à cause de l'occupation par V Internationale de son siège habituel à la Nouvelle Galerie. Les Arts et Métiers ont consacré une large somme d'argent à des reliures de livres, émaux et bijoux. — un excellent témoignage de la reconnaissance des corporations artistiques en Angleterre.

L'œuvre de M. Alexandre Isber et celle de M. C- R. Ashbee dans les 2<^ et j*' sections sont particulièrement intéressantes.

L'exposition de la Société internationale est de nouveau dominée par l'œuvre de son président, ^L Rodin, qui est représenté par son groupe célèbre le Baiser et son exquis Paolo et Francesca. Les impressionnistes sont aussi fortement représentés par Manet, Monet, Pissarro, Sisley et Claus, mais il est douteux que le public anglais puisse apprécier dès maintenant l'effort de la Société pour l'initier à l'art de ces artistes. Certainement l'œuvre de l'école de Glasgow représentée par M. Macaulay, Stevenson, M. James Paterson, M. E.-A. Walton fait appel plus fortement au sentiment — ce qui n'est en somme qu'une affaire de climat — que la peinture de paysage.

Comme peintres de portraits, M. John Lavery, sir James Guthrie, satisfont nos idées nationales beaucoup plus siirement que ne peuvent le faire M. Boldini ou M. Aman Jean, malgré leur indiscutable talent. A. F.

/\ THÈXES. — Un comité de peinture composé des ■**• artistes hellènes les plus renommés vient de se constituer à Athènes. Ce comité se propose d'organiser à l'étranger des expositions de peinture où ne figureraient, exclusivement, que des œuvres helléniques. La première de ces expositions va s'ouvrir incessamment à Alexandrie, une des villes du littoral où la colonie grecque est très répandue. Tout ce que la Grèce compte d'artistes de valeur a tenu à honneur de prendre part à cette première manifestation de l'art national moderne. Le professeur Jacobidès, le célèbre pastelliste Mathiopoulos, des peintres réputés comme Djallinas et Phocas, — se sont mis à la tête de ce mouvement artistique et, — par l'envoi de leurs meilleures toiles, — se sont empressés de donner un exemple qui a été suivi avec la belle .spontanéité qui caractérise les Hellènes.

CoNSTANTiNOPLE. — Une intéressante Exposition de tableaux vient de s'ouvrir Grand'Rue de Pérà, à l'hôtel Raghit Bey, près de la cité de Roumélie. Les plus sincères félicitations doivent être adressées aux promoteurs de cette manifestation artistique.

Ce qui surprend, cependant, dans cette e.xposition, où il y a des toiles de tous les pays, c'est l'abstention complète des artistes orientaux. Aucun des professeurs, aucun des élèves de l'école des Beaux-Arts de Constantinople n'y a fait d'envois. Coïncidence ou mot d'ordre, le fait n'en est pas moins regrettable et il est fort à désirer qu'il ne se renouvelle plus.

Smyrne. — La ville de Smyrne va avoir son musée. Le projet mis en avant depuis longtemps a.

enfin, reçu la sanction impériale. L'iradé est promulgué et l'on n'attend pour commencer les travaux que le retour de la belle saison. En attendant la commission smyrniote étudie les plans qui lui ont été soumis pour la création de ce musée. Mais d'ores et déjà, il paraît certain que son choi.x se fixera sur celui dressé par S. E. Hamdi Bey lui-même, le directeur du musée impérial ottoman et de l'école des Beaux- Arts de Constantinople.

Samos. — On vient de faire une précieuse découverte. En défrichant son champ un paysan de Tigha ni, — petite commune de Samos, — a déterré un marbre antique représentant une déesse. La statue, en parfait état de conservation, est de très grande beauté. La pureté des lignes, la plastique des formes, le jeu des étoffes font reporter cette sculpture au iii^ siècle avant l'ère chrétienne, c'està-dire à l'époque la plus glorieuse de l'art grec. On en parle comme d'un chef-d'œuvre, comme d'un pendant digne de la Vénus de Milo.

Brousse. — Le petit muséede Brousse, si curieux, si intéressant, où, depuis de nombreuses années, se centralise le produit des fouilles opérées dans le vilayet de Houdavendighiar, vient de s'enrichir de collections uniques dues à la libéralité de deux notables Arméniens, MM. Paronack Aribian et Karniq Chichmanian, archéologues distingués, établis à Brousse. Vases, armes et armures ciselés des premiers temps du Khalifat d'Orient, ces pièces, merveilleusement ouvragées, sont de très rares et très beaux spécimens du somptueux art arabe,

alors à son apogée.

A. DE Milo.

TH. DE BOCK — paysage

(îiavure :\ l'eau-forte.

MOILILAHDIE

XL est vraiment curieux que les grands maîtres ■^ hollandais du xix" siècle, les Maris, Israëls, Bosboom, Mauve, etc., n'aient pas laissé un certain nombre d'élèves, comme il arrive d'habitude, lorsqu'une école de peinture atteint une apogée- Seuls quelques rares peintres, vaguementinfluencés par des artistes remarquables, montrent dans leurs œuvres leur influence. Tels, Théophile de Bock, W. de Zwart, — et c'est à peu près tout ! Car parmi ceux que le verbe et l'exemple de ces artistes contribuèrent à développer, je ne compte pas leurs imitateurs serviles, ceux qui les suivirent à la lettre. Mais seulement ceux qui furent pénétrés par leur esprit, à la suite d'un travail plus ou moins suivi, sous leur direction immédiate.

De Bock, un peintre trop peu connu encore, en dehors de sa patrie, né en 185 1, fut d'abord l'élève de peintres tels que van Borselen et Weissembruch ; il débuta, jeune encore, avec des paysages d'un coloris assez riche, dont la composition montrait l'influence de Corot. Plus tard ce fut Jacob Maris, le puissant maître, qui lui montra sa voie définitive. Dès lors, son sentiment de composition élégante s'affine ; la robustesse de ses tons s'accentue, et dans ses ciels et ses eaux, luisent des lueurs d'argent bruni.

Il mourut en 1904, après avoir produit beaucoup. Lorsqu'un artiste est mort, les marchands et

les héritiers se précipitent sur tout ce que son atelier contient. C'est de tradition.

Aussi un marchand entreprenant de La Haye eut l'idée de faire dans les salles claires du cercle Pulchri Studio, une exposition d'une centaine de pages d'album.

Ces pages montrent l'artiste en toute intimité avec la nature. Leur ensemble m'a remémoré un exquis petit album de poche, de van Goyen, que possède le D'' Bredius, carnet infiniment précieux du grand paysagiste si hollandais, contenant la genèse de tout son œuvre.

Les dessins de de Bock, fugitifs instantanés, légers et rapides comme un effleurement, le plus souvent, donnent la fleur priraesautière de l'impression première, montrent l'artiste charmé ou ému devant la nature. Rien de plus direct, de plus personnel. Aussi cette exposition, qui a été un succès, avait-elle un attrait particulier. Et l'étonnant, c'est que le public, froid d'habitude devant de simples dessins, sans couleurs, ce public qui naguère encore laissait se vendre des merveilles de blanc et noir, pour rien, — ait acheté cette fois un grand nombre de ces dessins légers.

Il eat vrai que ceux-ci révélèrent en de Bock un maître du croquis rapidement enlevé avec sentiment. Il sut donner, en quelques coups de crayon noir ou de mine de plomb, rarement rehaussés

d'un peu d'aquarelle ou de pastel, une vision d'ensemble de la Hollande, depuis les eaux de Dordrecht aux fermes de la Gueldre, des plages de la mer du Nord aux saules et roseaux graciles des « polders ».

Son dessin est ferme, élégant, expressif, en peu de traits, dans les meilleures de ces œuvrettes, et caractéristique pour ces croquis est le sentiment d'étendue, d'atmosphère.

Tout à fait par hasard, de Bock a égratigné le cuivre; deux fois seulement, je crois. Une de ses deux eaux-fortes est reproduite ci-contre : il n'existe que quelques très rares épreuves de ce petit cuivre, qui montre bien les qualités innées du peintre.

A noter, le 27 du mois de janvier, le 82^ anniversaire de naissance de Josef Israëls, le vaillant artiste, travaillant journellement encore, avec toute la fougue et l'enthousiasme de la plus belle jeunesse !

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Si la femme-artiste, malgré ses charmes et ses mérites, montre en ses œuvres bien fréquemment une certaine faiblesse inhérente à son sexe, il y a cependant partout des exceptions. En Hollande particulièrement il y a un grand nombre de femmes de talent et d'esprit, très actives ; des présidentes de Sociétés importantes ; des femmes écrivains

et poètes nombreuses, des artistes comme... Marie Kalff, ou Barbara van Houten, qui a fait un grand nombre d'eaux-fortes d'une très rare puissance de tout premier ordre.

Parmi ces femmes de réel mérite et d'énergie absolument masculines, il faut compter au premier rang M""^ Bisschop-Robertson. Cette femme, dans la force de l'âge (née en 1857), débuta par l'enseignement du dessin, tout en travaillant la peinture avec ardeur, deux fois par semaine, chez le peintre P. van Velden. En 1883, elle cessa de donner des leçons pour se vouer entièrement à l'art, luttant avec ténacité contre les difficultés matérielles.

Toute sa peinture dénote une rare puissance de tempérament artiste. Natures mortes au coloris vigoureux, sonore, exalté ; coins de villages aux murs blancs contre des ciels d'azur foncé ; figures d'enfants ou de jeunes filles, — tout son art montre une personnalité remarquable, douée admirablement sous tous les rapports.

Le Cercle artistique de Rotterdam a réuni une grande collection de ses œuvres, donnant un aperçu complet de sa carrière sans défaillance, exposition qui a été le succès de cette saison.

Et les expositions se succèdent : en même temps que l'Exposition de Bock avait lieu dans les salles du cercle, M. Biesing exposait chez lui une quarantaine de tableaux de Venise, la Provence, etc., de votre correspondant !

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