END Y. M ION
Frédéric Watts
"Prévenons, dès l'abord, le lecteur français, qu'on n'entre pas de plain-pied dans l'œuvre de cet homme colossal. Si vous n'aimez pas les grandes figures plafonnantes qui font lever la tète pour regarder, là-haut, très au-dessus de nous, négligez Watts. Sa gloire, purement nationale, n'a guère encore dépassé la côte argentée de son pays. Il n'en a, d'ailleurs, que plus de saveur et d'originalité. Vous ne trouverez rien de lui chez les marchands de tableaux ; il a tout réservé pour l'Angleterre. Ayant eu le bonheur de réaliser presque tous ses projets, il a ramassé dans Londres et donné à la Nation la moitié de son prodigieux Œuvre. Allez voir la National Portrait Gallery ; allez à la Tate Gallery (Lu.xembourg anglais) ; admirez ses fresques dan; le Hall de Lincoln Inn's Fields au Temple. Mais, si vous négligez
de regarder notre cher Baudry, à l'Opéra, si vous réservez toutes vos sympathies j)our quelques pommes rouges sur une serviette bleue ou pour les déformations puériles et prétentieuses, il est inutile de prendre contact avec de graves chefsd'œuvre, qui ne sauront vous convaincre. Watts est un de ces Anglais italiénisants qui de Florence et de Venise rapportent un trésor à quoi ils restent toujours fidèles et retournent souvent puiser. Impossible, penseront nos amis, d'être plus démodé et plus « vieux jeu ». Pourtant, je ne vois guère que Rodin. à propos de qui l'on pui.sse. comme à propos de Watts, citer les plus illustres maîtres de jadis, quand on parle de leurs ouvrages et les y comparer. Ils ont tous les deux le plus noble idéal et disposent des plus sûrs moyens d'expression. Ils sont riches en pensée, classiques, quoique
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FRED. WATTS