ETUDE DE PORTRAIT
Voici la liste des tableaux acquis au Salon d'Aiitoinne par le Gouvernement :
René Debraux, Vue de Rouen, peinture.
Rodolphe Fornerod, Capucines, peinture.
Francis Jourdain, Nature morte, ]5einture.
Armand Guillaumin, Paysage, peinture.
Fernand Lambert, Barques, lac Léman, peinture.
LoPiSGisCH, Fleurs, peinture.
Frédéric Lottin, Fleurs, peinture.
Fernand Piet, La Gavotte, à Loctudv, Bretagne, peinture.
Sue, Nature morte, peinture.
André Suréda, Café Maure, pastel.
Tancrède Synave, Petite Fille, pastel.
Pierre -Eugène Vibert, Z)(ï»s les Terrains vagues, dessin.
Maufra, Les Phares du Havre, dessin.
Fix-Masseau, Réflexion, masque bronze
Albert Marque, Torse d'Enfant, bronze.
Gropeano, Au Piano, peinture.
M'"" S. Margueritt, Les Tomates, une épreuve unique.
M™"-' Aguttes, Vue de Barcelone, aquarelle.
M. Leydet, Paysage.
Mitsét- de Motttauhait.
INGRES — étude au cr^ayon pour le chérubini du musée du louvre
(Ce dessin et le portr.iit de -M""" Marcolte sont extraits de l'icuvie de J.-B. Ingres p:ir H. Lii|iuuze. — Bulloz, éditeur.)
L'flKT
ET
LE5 flKTIÔTEÔ
REVUE D'ART ANCIEN ET MODERNE
50nnfllRE DE5 ILLUSTRATIONS
Les frères Le Nain : Rcunion de Famille. — Retour de la Fenaison. — La Forge. — Purtraits dans un intérieur. — Repos de Paysans.
Les Figures de Corot : Eugénie Dutilleux. — Corot (portrait). — La Perle. — La. Femme à la Mandoline. — La Liseuse.
Daloi" : Ensemble des figurines (Monument des ouvriers). — Torse. — La République.
— Le Fondeur. — Le grand Paysan (deux études). — Le Terrassier (cinq études). — Femme surprise. — La jeune Mère. — Paysanne française.
yf
Claude Monet : Sept instantanés pris à Giverny.
— L'Été.
Le ;\Iois Artistique : ^Ille ^Lircotte : la Serre.
— M. Nicolet : Fine o'clock. — M. Marcel Cogniet : Venise. — Horton : Berges de la .Seine.
Les H.abit.\tioxs ouvrières : Projets Rey et
ProvensaL L'Art dans la Mode : Croquis de Gainsborough
et de Smith.
La Vente Cronier : Fragonard : Le Billet doux.
— Watteau : le Lorgneur. — La Tour : Lady, comtesse de Coventry.
ÉFREVIVE b'flRT : L'Enfant à la Chandelle, eau-forte originale inédite d'après la peinture de Le Nain.
RÉUNION DE FAMILLE, d'APRES LA PEINTURE DE LE NAIN
Les Frères Le Nain
TT' N 1S50, Champfieuiy publie à Laon, sa ville ■'■' natale, son Essai sur la vie et l'œuvre des Le Xain, peintres laonnois. Il cherche à deviner leurs personnes et à caractériser leurs œuvres parmi les courants venus d'Espagne et d'Italie qui envahissaient alors la littérature et la peinture françaises. Avant lui, on sait les noms de Louis, Antoine et Mathieu LeNairi. Louis, né en 15S3. Antoine, en 15S5, seraient morts en 164S. ilathieu aurait vécu jusqu'en 1677. Ils tirent partie de l'Académie de peinture. Champfleury ne débrouille pas les dates, et pour les œuvres, il s'en tire ainsi : « Pour moi. les trois frères — s'ils sont trois — ne font qu'un. Et celui-là .serait bien malicieux qui dirait : Voici un tableau de Louis, voici un tableau de ^lathieu, voici un tableau d'Antoine...
u Ceux qui ont longtemjis fréquenté les tableaux reconnaissent au coup d'œil un Le Nain sans s'inquiéter de la trilogie fraternelle. »
Champfleury décrit, analyse, juge les tableaux des Le Nain qui sont au Louvre : Le Maréchal-Ferrant, U Adoration des Bergers, Les Moissonneurs. Il ne retrouve pas ses peintres dans La Procession, peinte avec la richesse et le soin méticuleu.x des anciens Flamands. Il énumère les toiles conservées dans les églises de Paris, à Saint-Etienne-du-Mont, à Saint-Laurent, au Couvent-du-Temple. Au Musée du Louvre, un seul dessin, très expressif, les Deux Femmes assises. I! donne ensuite quelques renseignements trouvés dans les catalogues desventes, descri])tions et prix de tableaux. Puis, la liste des musées, galeries, etc., où .se trouvent des œuvres des peintres laonnois : les musées de Rouen. Nevers, l'église Saint-Denis de Libom-ne, les collections de M. de Montalivet, du duc de Sutherland, le musée de Florence. Au xviii'^ siècle, le graveur Jean Daullé publia quatre gravures d'après Lenain : La .Surprise du Vin, Les tendres
Adieux de la Laitière, La Fêle bachique, L'École champêtre. Puis, Levasseur grave La Villageoise à la fontaine et Le Villageois satisfait. Elisabeth Cousinet grave Le Bénédicité flamand. Encore : Danse de petits Paysans, par Bannerman ; Un père de famille, par Saint-Maurice ; Le Voleur pris, par EWuin; Le M arêchal-Ferrant et sa Famille, dû à la collaboration de Fragonard fils, Levasseur et Claessens ; Le Marchand de Cornes, par Hubert ; Cinq-Mars, par Langlois et par Gavard ; ]'ive le Roi ! lithographie par Schultze.
Champfleury croit à l'authenticité du portrait d'un Le Nain au Musée du Puy et il en fait faire par François Bouvin une libre gravure dont il a orné son Essai. A la fin de sa brochure, l'auteur ayant exploré les notes du bénédictin Dom Grenier, découvre que le nom des trois peintres doit s'orthographier Le Nain, leur parenté étant prouvée avec Gilles Le Nain, vicaire à Laon. Antoine, l'aîné, fut reçu peintre le i6 mars 1629, lui et ses deux frères furent reçus le i'-"'' mars 1648 à l'Académie Royale de peinture et de sculpture. Mathieu, reçu peintre de la Ville de Paris, le 22 août 1633, était membre de l'Académie Royale en 1662. Et le biographe des Le Nain a découvert, pendant l'impression de sa brochure une gravure nouvelle : Famille flamande, signée Weisbrod, 1771.
En 1862, Champfleury agrandit et approfondit son travail. Il publie tout un volume : Les frères Le Nain, avec ce titre général: Les peintres de la réalité sous Louis XIII. Il ne sait toujours rien sur leurs dates de naissance, sur leurs débuts. <( 11 faut faire — dit-il — un grand saut dans leur vie pour les retrouver tous trois membres de l'Académie de Peinture, à sa fondation, et assistant à la séance de mars i()4S. » Il a retrouvé les mémoires manuscrits de M. Leleu sur la Ville de Laon, où Dom Grenier avait puisé son érudition. P our la présence à l'Académie, il a résumé comme il suit les registres, les notes de M. Hultz, secrétaire, et de Rognés, concierge.
En mars 1648, Louis, Antoine et Mathieu sont présents ; le 6 novembre 1649, "^^s trois frères il ne reste que Mathieu. Louis Le Nain meurt le 23 mai 1648, Antoine deux jours après, et Mathieu le 20 août 1677. Louis serait mort âgé de soixantecinq ans. Antoine de soixante-trois ans, et ÎMathieu de soixante-dix ans. Et cela donne les dates de naissance des trois peintres.
A la liste des toiles de Musées s'ajoute Un repas de famille, acquis par le Musée de Laon. Le repos de paysans, appartenant à M. Lacaze, et qui est aujourd'hui au Louvre, est exposé en 1860 dans rme salle du boulevard des Italiens, parmi des œuvres du XV!!!*" siècle. Il avait alors pour titre : Les Buveurs. Le portrait de Cinq-Mars est chez
le baron Sellière. Le portrait de Mazarin et le portrait à' Anne d'Autriche ont disparu. Le portrait de la Marquise de Forbin est au musée d'Avignon. Champfleury allonge la liste des musées contenant des œuvres des Le Nain ou attribuées aux Le Nain : Louvre, Valenciennes, Le Puy, Rouen, Rennes, Semur. A l'étranger : musées de Gotha, Buckingham-Palace, Strafford-House, Collections Neeld. Carlisse, Bredel, Petvvorth, Tirleslen-House, Louther-Castle, musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg, etc.. Champfleury complète aussi les gravures d'après les Le Nain et donne la liste de leurs tableaux et dessins passés en ventes publiques de 1753 à 1853.
Ce ne fut pourtant pas Champfleury qui trouva le document nouveau sur les Le Nain. Ce fut Eudore Soulié, conservateur du Musée de Versailles, qui fit part au biographe ordinaire des artistes de Laon, des pièces découvertes par lui dans une étude de notaire, et se rapportant à une succession recueillie par les trois frères.
Champfleury eut alors le mérite de partir pour Laon en se donnant la tâche de visiter les maisons de ville et de campagne, les champs, les prés, les bois, les vignes que les trois frères eurent en partage. Il rapporta de son voyage un raccourci de l'existence de ses héros. D'abord les noms du père et de la mère. Ysaac Le Nain, qui était en 1630 sergent royal au bailliage de Vermandois avait épousé Jehanne Prévost, dont il eut cinq garçons : Ysaac, Nicolas, Antoine, Louis et Mathieu. Il possédait à une lieue et demie de Laon une maison entourée de terres. L'aîné des fils, Ysaac, disparut sans laisser de traces. Nicolas devint commis chez un président de l'élection de Verneuil à Paris, où il habita la rue des Escouffes, sur la paroisse Saint-Germain. Les trois autres Le Nain, peintres à Paris, avaient leur atelier rue Princesse, même paroisse. La mère des Le Nain mourut jeune. Le père géra les biens de la communauté jusqu'au mois d'août 1630, époque où il se rendit à Paris pour le partage de ses biens entre ses quatre fils, leur donnant tout moyennant une rente viagère. Autre détail : Mathieu, le plus jeune, reçu peintre de la Ville de Paris en 1633, entre en qualité de lieutenant dans la Compagnie du sieur Dury. C'est ce Mathieu, survivant vingtneuf ans à ses frères, qui fut le peintre de Cinq- Mars, de Mazarin, de la reine Anne d'Autriche. Pour le superbe portrait de la marquise de Forbin, qui est au musée d'Avignon, il y a doute.
Champfleury suppose (à tort) Mathieu Le Nain retiré dans sa terre de Campignole, lorsqu'en 1668 il lègue ses biens à son neveu Antoine Le Nain, fils de Nicolas. Dans la biographie la plus récente des frères Le Nain, établie par Antony
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cr
i.AKi i;t ij- artistes