‹ L'Art et les artistesChapitre 31 sur 150 · I.E RETOUR DE LA FENAISON, D APRES LA PEINTURE DE LE NAIN · texte numérisé non relu

I.E RETOUR DE LA FENAISON, D APRES LA PEINTURE DE LE NAIN

\'alabrègue, des documents noiu'eaux. trouvés par MM. Jules Guiffrey, Etienne Arago, Georges Grandin, ont été réunis aux renseignements de Champfleury et d'Eudore Soulié. Ainsi, nous apprenons que les trois Le Nain, non mariés, s'étaient fait, en 1646, donation réciproque de leurs biens. Nous apprenons encore que Mathieu Le Nain possédait à Paris une maison rue du Grenier-Saint- Lazare, à l'enseigne de la Chasse royale, une autre rue Honoré-Chevalier, près de Saint-Sulpice, une autre rue Pastourel, et d'autres à Laon. au village du Bourguignon, et la ferme de la Jumelle. Ce sont ces biens qui sont légués par Jlathieu Le Nain à son neveu Antoine, et non la maison de Campignole qui était échue à Nicolas Le Nain. .\ntony Valabrègue donne enfin im relevé des œuvres principales des frères Le Nain qui se trouvent dans les musées et édifices publics et dans les collections particulières de la France et de l'étranger. N'oublions pas d'ajouter ce joli Enjant à la Chandelle reproduit ici pour la première fois. On voit que, somme toute, l'œuvre de Champfleurv reste intacte. Son grand

mérite, c'est d'avoir — sous les artistes officiels, les maîtres-peintres du Roi, les peintres de la Ville de Paris, — découvert et étudié les peintres provinciaux, campagnards, populaires.

Sainte-Beuve, qui a consacré une étude à Champfleury, le 5 janvier 1863 ', a fort bien rendu justice à l'écrivain attentif si occupé des Le Nain.

« Il faut voir, dit-U, comme il les aime, comme il les comprend, comme il les interprète ; il salue et honore en eux ses pareils agrandis, ses pères : heureux qui trouve ainsi à personnifier dans le passé ce à quoi il aspire en idée dans le présent, ce qu'il est déjà enpartie, ce qu'il voudrait être ! Il me semble voir un petit-fils qui, à force de recherches et d'instinct, retrouve ses grandsparents inconnus, et qui se rattache à sa race. » Sainte-Beuve a dit aussi de quelle manière lui apparaissaient les frères Le Nain :

« Voici pourtant comment, après avoir lu et avoir regardé de mon mieux, je me les représente en effet, et au.ssi d'après mon excellent guide. Louis XIV' et son époque introduisirent avant tout la j^ompe,

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