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'Le Mois artistique
T/" i:i;s Van Donckx (Galerie Druet). — Des études '^ de ciels fulgurants, les touches d'essuie-|iiii . oau jutaxposées en retoinliées de feu d'artifice : les terrains de moissons ou de verdures, très bas, laissent presque toute la toile pour les nuées rugueuses et ]ia])illotantes ; luie façon voulue. outrancière ; treize visages sui- papier sont d'un sommaire déconcertant.
Preiiikke E.xpositiox de l.\ Société d'Art DÉC0R.\TiF coNTEMPOR.\ix (Galerie Georges Petit). — Cela semble une petite annexe du Salon du mobilier, dans laquelle il faut noter : les panneau.x de Gallerey ; les tentures pyrogravées et coloriées de Maurice Testard, auteur aussi d'images naïvement bizarres ; les marines et les peignes d'Henri de Waroquier ; les frises de Legeas ; la salle à manger d'Adrien Duthoit ; les bijoux d'Eugène Belville, et du même un livre, le Bou.jiiet de mauvaise herbe (Floury, édit.) ; les tables et dressoirs de Majorelle ; les bibelots précieux de Claudius Marioton ; les porcelaines de Taxile Doat ; les coupes très étranges i' Arthur Jacquin.
Société des peintres du P.aris moderne (Galerie Chaîne et Simonnson). — C'est un groupemeiit intéressant que préside L. Benedite et dont les membres d'honneur sont : Jeanniot. Lepère, Raffaëlli, Renouard ; bien qu'il y manque des historiens de Paris comme Eug. Bejot, Prunier, etc., le conservateur de Carnavalet trouverait là de précieuses notations documentaires ; le Jardin du Luxembourg, par Boutet de llonvel ; le Marché aux Chevaux, par J. Brissaud ; la Féerie du Soleil sur la Seine, par P. Chapuis ; le Pont d'Austerlitz, par R. Florès; le Cirque Medrano, par Francis Jourdain ; la Place des Vosges et les Vieux Lavoirs de l'Ile Saint-Louis, par V. Muller ; le Parc de Montsouris, par H. Thomas et par E. Yerme ; le Quai des Grands- Augustins, par Ch. Jouas ; les Chevaux de bois, par J. Villon ; G. Jeanniot silhouette finement la Parisienne, et surprend le lac du Bois par un joli effet de nuit ; Raffaëlli pratique la route de la Révolte et a retrouvé, le terrain vague, son petit chef-d'œuvre d'antan ; M""^ Jeanniot. qui décidément s'attaque à la peinture, a transposé et brutalisé une toile célèbre : les Pays.
DeU.XIÈME S.ALON .\NXUEL de la GR.AVURE ORI- GINALE en couleurs (Galerie Georges Petit). — Malgré l'exemple du président. Raffaëlli, qui tient
à honneur de faire véritablement de la gravure, encore et quand même, il y a une tendance fâcheuse (le beaucoup d'expo.sants à produire l'illusion des jihotogravures coloriées, telles qu'on les rencontre à certaines vitrines du boulevard ; il n'y a plus mtervention iiersonnelle de l'artiste, mais triomphe banal d'un procédé quelconque ; du reste, ces jîlanches sont tirées à 150 et 200 épreuves, et ce nombre contribue à les déprécier ; l'amateur n'y trouve plus la pièce rare. Cette constatation faite, qui s'applique surtout à Bompard dont les estampes ne sont que des ré])li(pies de s"s tableaux si chauds de Venise, citons : le romantisme tumultueux de Balestrieri, l'humour sportif de Bernard Bojtet de Monvel, le parti-[)ris de noirceur de Cottet, les délicates impressions de nature d'Eugène Delâtre, la toujours jolie fantaisie décorative de .M'»^ Marie Gautier, le soir d'automne de Gaston de Latenay, les tomates de Lecreux, qui a su rendre aussi de jolis modèles du lac à Evian et des hortensias ; de M'""' Marguerite Lecreux, des harengs saurs et un très habile papier de garde pour une ])artition; la Venise de Meunier, les fines et pittoresques vues de Paris de H. Paillard, le Grand ba.ssin de Saint- Cloud de Prins. les précieuses g^'p-sograjibies de Pierre Roche, l'habituel dégel de Thaulow, les jmrisianismes de Jacques Villon, les fumées d'Anna Osteiiind, vision très artiste d'un petit village de la Creuse; puis les envois de Bartholomé. Chabanian. Dauphin, Henri JoiuTlain. Lorrain, Samanos, Taquoy, TriUeau, Waidmann.
S'il fallait faire une sélection, il aurait suffi d'admirer : les eaux-fortes teintées de Raffaëlli. traductions par lui-même de ses déjà célèbres tableaux de la Nationale ; les poèmes de Detouche qui ne dédaigne pas de mettre un peu de pensée subtile sous la couleur ; le début de Geoffroy avec une pointe agile, spirituelle (l'amusante tête de bébé) ; les Versailles de Houdard, et sa rafale qui est une exquise chose ; les danseuses espagnoles, d'Osterlind, tourbillonnement de gestes et d'étoffes.
E.xpositiox d'Eugène Cadel (Galerie Chaigneau). — La préface du catalogue est de Pierre Veber. ce que justifie une influence de Jean Veber; mais ici l'humour est moins caricaturesque, s'atte.Tdrit à de poétiques effets de nuits piquées d'un; petite lumière à la Cazin, à des scènes pre.squa bibliques dans un format de vigriettes ; la mort du cheval de roulotte est une anecdote émouvante,
celle du chevalier et du dragon a déjà été vue : le poème navrant du chemineau est illustré avec âme par le peintre. Toutes ces petites toiles sont d'une facture délicate, d'un coloris aimable, séduisant.
Dessins de Je.\x Tild (chez Rey). — «Un talent précis, minutieux, alerte, élégamment cursif, d'observateur libre à la fois et fin. « Ainsi le définit très justement Louis Vauxcelles dans sa présentation ; ces croquis rehaussés d'aquarelles, d'aucuns s'apparentant aux Milcandeau d'autrefois, ces silhouettes de paysans et de cabotins, ces fileuses bretonnes et ces ouvrières parisiennes, ces instantanés très sincèrement étudiés, ces pochades spirituelles, révèlent une vision originale, primesautière, un tantinet gavroche, ce qui ne saurait déplaire ; comme Béjot. Jean Tild est un historien des aspects de Pans, saisit le ]iittoresque de la Ville... et de la \'ie.
Exposition M.^rcotte (Galerie Georges Petit).
C'est un très doux enchantement, ces intérieurs
de serres où, dans une atmos])hère de quiétude s'épanouissent les azalées aux rouges chantants, somnolent les chrysanthèmes mélancoliques. M"= Marie-Antoinette Marcotte se complaît en ces oasis dont les vitres opaques tamisent la lumière, dont l'air est ouaté de vapeur, elle aime cette soli-