‹ L'Art et les artistesChapitre 53 sur 150 · LE VANNEAU · texte numérisé non relu

LE VANNEAU

LE KULLIKK

D'après les aquarelles de PISAXELI.O.

contourner un cou d'échassier, de rendre la sublime férocité d'un bec et d'un regard d'aigle, de saisir le mouvement furtif et d'interpeller le pelage caressant et chaud des lièvres et des renards. Chacun de ces beaux dessins monté en kakémono serait à s'y méprendre. Je cite encore, dans ce recueil, une merveille de ciselure, un mulet harnaché et bridé, et une merveille de mouvement, trois biches vues de derrière. Mais c'est une longue analyse qu'il faudrait faire de tout cela, et un livre, non une étude de revue, dont le but est surtout d'indiquer des directions aux esprits soucieux d'approfondir. Parmi ces directions, et ceci nous ramène aux considérations de notre début, une des plus exemplaires et des plus instructives serait le rapprochement, cette fois, entre les animaux de Pisanello et les personnages dont il fit vivre les traits en ses médailles. Je ne parle point seulement des admirables revers où sa science de naturaliste se montre alliée aux inventions d'un poète spontané et génial. Mais encore des princes, princesses et divers grands personnages, chez lesquels, sans ombre de satire, mais par la force même des choses, on retrouve, gravement et fortement liurinés. les caractères d'animalité qui correspondent aux caractères d'humanité qui nous frappent chez les princes des champs et des forêts. Cette princesse a la souplesse d'une des gazelles qu'à l'instant nous admirions ; ce marquis est un loup et ce duc est

Page 1