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GEORGES PICARD

Georges Picard

T A santé robus- ^"^ te et rieuse de son art atteste, rare en l'époque, un souci d'affirmer, simples et beaux, des aspects de, la vie qu'on .^ieC^ n'admet plus sans

mystère ni réticence. Heureux de voir des torses nus de jeunes femmes, des enfants, des fleurs, Georges Picard les peint, et nous donne sa joie. Il fait avec plaisir des choses que nous sommes à notre tour ravis de regarder, et il nous suggère l'agrément qu'il en conçut. Mais l'objectivisme de son art est plein d'une touchante tendresse.

Je n'ai pas oublié l'impression profonde que me tirent deux de ses panneaux décoratifs. C'était il y a quelque neuf ans, alors que son nom m'était à peine connu.

Je visitais pour la première fois les salons de jeux de

Monte-Carlo. On m'y mon- . ^ ç: -x^

trait avec empressement *

d'horribles peintures qui ont coûté fort cher et sont signées de gens célèbres

dont les talents m'ont toujours laissé froid. Là, ils semblaient vraiment avoir ])ris jjlaisir à se distinguer, et je n'avais rien v\i d'aussi mauvais d'eux, dans les Salons. Au milieu de cette attristante réunion de peintures ]iour jiarvcnus, à peine dignes des grands cafés, je tombai en arrêt devant deux compositions : des fleurs au soleil, de hauts arbres en bouquets, des femmes en robes claires, des enfants joueurs, une harmonie dorée, riche, diaprée, tout tm charme d'été heureux. La signature se lisait malaisément. « Oui a fait ces très belles choses ? » On me nomma Georges Picard, et je causai quelque étonnement en répétant : « C'est la seule œuvre cjui existe ici et il est bien fâcheux que l'homme qui l'a signée, n'ait pas orné cette maison tout entière. »

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