FRESQUE
I, ATELIER DAUT
mais l'eau, passant dans les fissures de la voûte, les avait détruites. Les Ricci n'étant pas en mesure de faire la dépense d'une restauration, Giovanni Tornabuoni, riche citoyen de Florence, apparenté aux Médicis. qui désirait procurer un travail im])ortant à Ghirlandajo, son ami. s'offrit pour faire les réparations nécessaires ; à quoi les patrons de la chapelle consentirent, à la condition d'une indemnité et de l'apposition de leurs armes en belle place. Un pri.x de douze cents écus d'or fut alloué à Ghirlandajo, avec une prime de deux cents autres en fin d'ouvrage, dont l'artiste dispensa généreusement son mécène. Il peignit dans les segments de la voûte les quatre évangélistes ; sur les murs des fenêtres, les vies de saint Dominique et de saint Pierre martyr ; les parois latérales furent affectées à celles de saint Jean-Baptiste et de la Vierge. Chacune de ces dernières est partagée en sept compartiments. Ceux de la Vie de la Vierge représentent de bas en haut : i° Joachim chassé du Temple, à cause de la stérilité d'Anne, sa femme; 2" la nativité de la Vierge ; 3" la présentation au Temple : 4" le mariage de la Vierge ; 5" l'adoration des mages (à peu près détruite) ; 0° le massacre des Innocents ; 7° la mort de la Vierge. Les panneaux de la vie de saint Jean-Baptiste ont pour sujets, dans le même ordre :
I" la Visitation ; 2» Zacharie dans le Temple ; 3° la naissance de saint Jean ; 4" Zacharie indiquant le nom de l'enfant : 5" la prédication ; 6° le baptême du Christ ; 7° le festin d'Hérode avec la danse de Salomé.
Ghirlandajo travailla cinq ans environ à ces fresques, dans l'exécution desquelles il fut assisté par ses frères David et Benedetto.
Elles turent son dernier grand travail monumental. II. mourut en 1498, à quarante -neuf ans, laissant un fils, peintre distingué, Ridolfo Ghirlandajo.
Etudions avec quelque détail cet ensemble imposant de peintures. Les scènes sont j uxtaposées deux par deux ; la dernière de chaque cycle, resserrée par l'incurvation de la paroi en ogive, s'étend dans toute la longueur.
Des entablements à l'antique.
avec denticules, oves, etc., surmontent chaque rangée, et le présen
pilastre médian à rinceaux qui les supporte sépare les deux scènes juxtaposées. L'auteur de ce vaste ensemble s'est attaché à y réaliser la variété dans l'unité. La variété résulte du caractère contrasté des sujets alternant à chaque étage, autant que possible, les scènes calmes et Kl scènes mouvementées. L'unité est obtenue d'un côté par l'encadrement symétrique des ensembles, de l'autre ]iar l'harmonie générale de la coloration, as.scz montée et vibrante, mais que le salpêtre et la poussière ont grandement atténuée, et qui, d'ailleurs, à aucune époque, même dans la vivacité primitive des tons, n'a dû offrir d'écarts excessifs ni de crudités déplaisantes.
Le parti pris d'interprétation des thèmes est un réalisme mitigé. L'Ecole florentine qui, avec Giotto, Orcagna, Fra Angelico et leurs successeurs immédiats, s'était a.ssez longtemps continée dans une vision extasiée et mystique, avait repris terre avec
C'.tchc Giraudcrt