‹ L'Art et les artistesChapitre 70 sur 150 · M"'- M. -P. CARPENTIER · texte numérisé non relu

M"'- M. -P. CARPENTIER

LE PKK AIX l'KlPIIKRS

Le Mois artistique

C'est par suite d'une indication erronée que nous avons attribué à David d'Angers l'exécution du médaillon de Victor Hugo, représenté dans l'intéressante photographie faite à Guernesey par Auguste

Vacquerie, pendant l'exil du grand poète, photographie reproduite dans le numéro lo de la Revue FArt et les Artistes. ï^e médaillon en question est de Nicolas \'ilain, grand-prix de Rome, mort en 1899.

"C^xposiTiON J. Wely (galerie Chaigncau). — ■^^ Ses silhouettes féminines aux deux crayons, dans la manière de Jeanniot, avaient une certaine prestesse d'illustrations ; ces vingt-trois pastels sont loin de séduire autant malgré la coquetterie des sujets, le Tub de la petite Fille, le petit Déjeuner, ai' Saut du lit, etc. ; la facture est appuyée, la matière dure, épaisse, comme de la gouache ; la Consultation (peinture) pourrait être empruntée à Abel Faivre ou Guillaume ; J. Wely aura certainement une note personnelle, de parisianisme raffiné, sera un annaliste de la femme d'aujourd'hui.

Société internationale de peinture et de SCULPTURE. (23»-' exposition, galerie G. Petit). — Vn hommage tardif y est rendu à Paul Baudry dont on revoit avec plaisir l'Amour et Psyché, une jolie page décorative de colorations tendres, affirmant encore la maîtrise de celui qui enjoliva l'Opéra d'une œuvre incomparable. Maurice Bompard, dont la .série de Venise lassait par une brutalité criarde, se rapproche cette fois de la vérité en ces impressions qui sont des pochades prestes, d'une vision exacte. Félix Borchardt retient l'attention par sa Dame en blanc à la tête si habilement modelée dans une franche lumière soleilleuse, par son Portrait d'homme, par sa. Dante en gris, dessin aux 3 crayons tout à fait séduisants, par ses pastels. André Brouillet, dont peut se défendre le Petit Jacques, a fait

un Ministre de la marine avec, derrière les vitres de la fenêtre, une rade illuminée qui n'est que la place de la Concorde, l'obéhsque figurant un unique mât de navire; Calbet, dont on sait l'habileté, éparse dans maintes illustrations de volumes, s'amuse à des baigneu.ses, à des reflets d'eau, saisit au passage des canotiers sur la Marne ; Chialiva ]irend au pastel de très im])ressionnistes notations champêtres, M"<^ Delasalle. dont le Dordrecht. bien qu'un peu ouateux. a un fin lointain d'atmosphère blonde, expose une étude délicate : le Réveil, un nu de clarté et de calme ; Albert Fourié recommence, après Roll, Besnard, Stewart et Brin, des nudités tachées de soleil à travers les branches, leur ajoute des draperies poncives ; Grimelund lianali.se des marines ; Harrison montre une poésie douce de dé,serts et de lagunes; Laparra nous promène dans les mystérieux ombrages des jardins de la Villa ]\Iédicis. De Frédéric Lauth un bon portrait d'homme. Le Goût-Gérard s'évade un instant de ses habituels motifs et a fait dans la Baie d'A 11dierne une de ses meilleures choses, une marine d'où sont absentes les petites Bretonnes à coiffe blanche. Lorimer a apporté sur un sujet banal une harmonieuse recherche de gris pâles, de lumière douce avec la fenêtre ouverte sur la nature et son envol de pigeons. Richard Miller est certes un des artistes les plus intéressants de l'exposition actuelle, par son Portrait d'Homme, son Café de Nuit, et son Étude de Femme reflétée dans une glace avec un

entour pittoresque de ces bibelots où excella jadis Alfred Stevens. De Réalier-Dumas, de subtiles et charmants paysages d'oliviers à l'île Majorque. De Sorolla y Bastida, Sur lu ping', une palette très intense. De Waidmann, un Pont de Chaton qui semble, comme les autres envois, arriver du duché du Luxembourg. De Walden, une très belle exposition, notamment le Canot norvégien, mais pourquoi ceite Idylle au clair de lune, marionnettes ridicules d'ombres chinoises pour une romance de Bo- .

trel !

Sur des socles, de la sculpture :

Bernstamm , qui a déjà exécuté 'un si amusant Coquelin cadet dans- le Malade imagina ire, statuette devenue légendaire, portraicture l'émin eut s o c i é t a i r e mutualiste en un buste de bronze souriant à celui très grave de Berthelot; Armand Bloch creuse le bois avec science et conscience; Mercié se fait pardonner son petit marbre de l'Opérj- Comiqueets'dWalkyrie de bonbonnière par un adorable tableautin très dix-huitième, les Cerises. De Charle Ch. Hayem.

Il y a quelques autres exjiosant^ pour le critique, une opiinon.

Exposition de la librairie Prath. — C'est la seconde lois que nous sommes convié 4. rue de Lille, et malgré l'étroitesse du local, son peu de lumière, le jour, son manque d'éclairage le soir, il y a intérêt à aller voir des paysages de Beaufrère. la très belle étude pour affiche de Bellery-Desfontaines, la Jetée d'Honjleur de Braque, l'Enfant sur la plage de Camoin. la Cabane r:<r-eégienne de Diriks. le Montmartre enneigé de Van Dongen, le Marc/lé Sainte-Catherine de Ricardn Florès, les

BURCHARDT —

Samuel, le buste de le silence est.

Crinolines démodées de Charles Guérin, les dessins de Corse par Matisse, les natures mortes de Manguin, la Vue panoramique de Milcendeau, le Presse- Unes de Noblot, les Chrysanthèmes de René Prath la Rue de Maurice Robin, les peintures de Henri Thomas. Il se trouve même parmi les entassements de hvres de la boutique des sculptures de Bourdelle et de Nau, des vitraux de Paris-Reby, des reliures de René Kieffer. Il faudrait, à ce Salonnet qu'on

ne saurait négliger, un local.

Tableaux et

ÉTUDES D'UlPLANO

Checa (Galerie des artistes modernes).

— Des Chars romains courant dans l'arène avec furia, toile immense que nous revîmes en la villa Gambard, à Nice, . tel fut le succès soudain de l'artiste; comme ses modèles il avait tourné la borne du premier coup, et à ce passé triomphal il repense encore, l'évoquant maintenant en sculpture.

Nous préférons les simples études qu'il rapporte d'Espagne et d'Italie, d'une vision directe, intense et subtile à la fois, d'un coloris pittoresque, d'une habileté charmeresse. Après Bompard, après Marcel Cognet, il nous montre Venise, et tous ses motifs sont à citer ; Saint-Marc dans la brume violette et la solitude du petit jour, les maisons du Grand- Canal avec leurs blancheurs ensoleillées, la canaletto tragiciue en sa sombreur qu'étoilent des rares lumières, la Sainte silhouettant sa coupole sur les nuages du soir, le palais Franchetti au soleil couchant, la jilace Saint-Marc à vol d'oiseau, les barques de jièche. etc. ; sans le romantisme banalisé de Ziem, avec moins d'amiileur peut-être, mais aussi avec ]ilus de vérité, c'est pour ceux qui ont fait le pèlerinage de la Cité du Rêve et s'en souviennent toujours avec émotion, un exquis rap]iel d'autrefois. En Espagne, Checa nous conduit aux marchés

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