‹ L'Art et les artistesChapitre 76 sur 150 · FRANÇOIS BOUCHER · texte numérisé non relu

FRANÇOIS BOUCHER

r<i(/. Wallace.

La Pompadour

Le charmant petit tableau de la collection Edmond de Rothschild, qu'a peint François Guérin. nous représente M'"'= de Pompadour clans l'élégant décor de son second appartement, celui « d'en bas », au moment même où elle vient d'en prendre possession. EUe est assise sur un divan devant une glace qui reflète les tentures de soie et le lustre garni de fleurs ; d'une main, elle tient un livre à ses armes ; de l'autre, elle caresse le chien blotti dans les coussins. A ses pieds est la petite Alexandrine. qui joue avec un autre petit chien, une cage et un oiseau posé sur son doigt. La table à écrire, le carton à estampes, les livres et les plans posés sur le tajiis achèvent de donner à l'œuvre un caractère très attachant de tableau d'intérieur.

Avec Carie Vanloo, on a quelques chances de trouver une ressemblance serrée de près. La jeune « Sultane » est assise parmi les coussins, en cette veste flottante qu'affectionnait la marquise, le long tube à fumer entre ses jolis doigts. Ce sont là des renseignements sûrs et charmants. La dame a posé ainsi, dans ses intérieurs de Versailles, après avoir mis ses plus beaux diamants aux oreilles et dans les cheveux, où son léger voile semble piqué par une rose ; des perles entourent le cou et descendent le long de la veste. Le vif et fin profil révèle une grâce toute d'esprit, telle que le crayon de Cochin li retrouvera encore, bien des années plus tard, dans les traits fatigués de la femme qui finit son règne.

Van Loo a peint aussi la marquise à ce moment, portant sur le visage l'usure du surmenage de la Cour, des soucis et des affaires. Cette révélation toujours pénible est ingénieusement atténuée par le décor du portrait. C'est le morceau gravé par Anselin, qui est intitulé La belle Jardinière, et dont l'original est venu de Montpellier à Paris, il y a peu d'années.

L'accoutrement à demi rustique, le panier fleuri sous le bras cerclé de perles, le chapeau de paille gentiment contourné et doublé de bleu conservent une grâce coquette à cette image tant célébrée.

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L.\ POMP.'^DOUR ET SA FILLE 'après une peinture de FRANÇOIS GUÉRIN.

Elle nous fait connaître le déclin de cette grâce fragile, par laquelle un roi inconstant avait été retenu cinq ou six ans fidèle.

F. -H. Drouais fut le peintre de ce déclin, de cet embonpoint trop vite venu, de ce vieillissement prématuré, où l'esprit seul reste jeune dans le pétillement des j^eux. Des diverses images peintes par Drouais ou répétées d'après lui, et que présentent les musées et les collections privées, la plus belle, sans nul doute, et la plus instructive, est celle qui, d'après Grimm, fut exposée au mois d'août 1764, après la mort de la marquise, dans une salle des Tuileries. Elle porte, à côté de la signature, l'inscription suivante : « La tête a été ])einte en 1763, et le tableau fini en 1764 ». Ce précieu.x morceau, qui a pa.ssé en 1845 dans la vente Cypierre, est aujourd'hui la propriété de Lord Rosebery.

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