ENTREE PRINCIPALE
Le Château d'Azay=le=Rideau
X ES amateurs d'art et les fervents de notre passé ^-^ national ont éj)rouvc, ces temps derniers, une joie profonde et légitime : Azay-le-Rideau, enTouraine', joyau inestimable de l'architecture de la Renaissance française ; spécimen d'une rare élégance et d'une perfection sans disparate du goût national, vient d'être sauvé, et c'est aux efforts de M. Dujardin-Beaumetz, sous-secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts, que nous devons la conservation d'un édifice incomparalile, dont les lignes, la façade aux dimensions délicates et mesurées, les hautes lucarnes et les tourelles d'angle forment avec les prairies, les feuillages aux tons adoucis et la transparence limpide qui règne en ce pays, le plus harmonieux décor que l'on puisse rêver. M. Dujardin- Beaumetz a déjà préservé d'une destruction imminente, le château de Maisons-Laffitte, chef-d'œuvre de François Mansart et logis tout désigné pour un musée national de l'art décoratif du .wii*" siècle
I . Azav-le-Ridc.iu ust un chef-lieu de amton du département d'Indie-et-Loiie. Situé à 24 kilomètres X.-E. de Chinon, il se trouve sur la route de Tours .1 Cliinon.
naissant ; en assurant avec le bienveillant concours de M. Bienvenu-Martin, minrstre de l'Instruction publique, et l'aide du Conseil d'Etat, l'acquisition d'Azay-le-Rideau, M. Dujardin-Beaumetz a poursuivi l'œuvre de sauvegarde du patrimoine artistique qu'il avait décidé d'entreprendre. La gratitude des savants et des artistes, de tous ceux qui, sans renier aucime des œuvres du temps présent, échos de la pensée et des aspirations contemporaines, ont assez d'indépendance pour revendiquer les chefs-d'œuvre d'autrefois, saura apprécier l'activité laborieuse et la passion éclairée que notre surintendant des Beaux-Arts manifeste dans les fonctions de sa charge.
Mais cette activité eut surtout à se déployer au cours des pourparlers qui précédèrent l'acquisition du château d'Azay-le-Rideau...
Depuis longtemps, depuis fort longtemps, l'Administration des Beaux-Arts souhaitait mettre à l'abri de toute destruction cette merveille de la Renaissance, mais l'argent manquait !... A plusieurs reprises, pour des raisons diverses, Azay fut mis en vente, mais son heureuse fortune le sauva toujours
des spéculateurs de terrains et des niarrhauds de biens, vandales modernes dont les méfaits se parent d'excuses hypocrites ; deux de ses derniers ])ropriétaires ont attaché leur nom au domaine qu'ils se jilurent à restaurer, sans rien altérer du caractère
tecture de la Renaissance, bien mieux que Chambord, Blois ou Chenonceau, où les modes nouvelles ont malheureusement dénaturé les parties originales des constructions !...
Commoiit M. nujardin-Reaumet/. jiarvint-il à