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VUE D ENSEMBLE DU CH.\TE.\U D AZ.\V-LE-RIDE.-\U

original des constructions. Ce fut d'abord le marquis de Biencourt, dont les collections de tableaux et de portraits historiques, où figurent de nombreux Clouet et d'autres toiles de l'époque, trouvèrent à Azay un cadre à souhait. Plus tard, M. Artaud s'efforça d'entretenir soigneusement ce bijou architectural.

Avec un désintéressement digne des plus grands éloges, M. Artaud vient de le céder, moj'ennant l'invraisemblable somme de deux cent mille francs (200000 francs!) aux Beaux- Arts représentés en l'occurrence par le sous-secrétaire d'Etat. Et pour cette somme modique, le château entre dans le patrimoine de la France, pourvu de toutes ses servitudes et d'environ sept hectares de terre (sur les quarante hectares que le parc mesure à l'entour. Assurément ce ne seront pas les plus belles perspectives de jadis grâce auxquelles on apercevait de loin la façade séduisante et délicate de l'édifice. Contentons-nous de posséder enfin Azay, qui perpétuera désormais le souvenir de l'archi-

mener à bonne fin, une acquisition rêvée par tous ses prédécesseurs et dont lui-même, en arrivant rue de Valois, était loin de se désintéresser?... C'est une histoire assez compliquée que nous allons résumer brièvement avant d'offrir à nos lecteurs un aperçu d'Azay-lo-Rideau et de ses merveilles.

Un ingénieur civil, M. Léon Dru, avait légué à l'Etat le château de Vez (Oise), près de Senlis, avec une rente de 40 000 francs réservée exclusivement à son entretien, indépendamment du mobilier et des collections. Le château devait être classé comme « monument historique » et conservé à perpétuité.

Sans grand enthousiasme, les Beaux-Arts acceptèrent d'abord le legs. Vez est un domaine féodal, situé sur une éminence, à 32 kilomètres de l'est de Senlis, près de la ligne de chemin de fer de Crépigny-en-Valois à Villers-Cotterets. Presque inconnu des touristes. \'ez date du xiii' siècle et offre un amalgame de constnictions restaurées

et de ruines assez imposantes. Les luttes entre la féodalité et le pouvoir royal la guerre de Cent ans et les siècles suivants ont ébranlé fortement les tours massives et le donjon. C'est en somme un type de construction assez fréquent dans les campagnes de France et sa valeur architecturale est plutôt limitée. D'autre part, l'état de délabrement de l'édifice allait imposer des réparations continuelles, d'où des dépenses considérables, trop onéreuses à tous égards.

Heureusement, les héritiers de M. Dru tenaient à conserver Vez et à ne pas verser quarante mille francs de rente. Ils offrirent à l'Etat un capital d'un million : un million pour la caisse des monuments historiques ! un million !... on allait donc pouvoir acquérir Azay-le-Rideau !... Mais si un amateur étranger avait devancé l'Etat?... Par un bonheur inconcevable, M. Artaud, propriétaire, tenant à laisser Azay aux Beaux-Arts, avait décliné les offres qui s'étaient présentées.

Donc, sur la proposition de M. Dujardin-Beaumetz, M. Bienvenu-Martin résolut l'achat du château d'Azay-le-Rideau, et, comme il fallait l'approbation du Conseil d'Etat, le ministre de l'Instruction publique voulut bien se souvenir qu'il avait été maître des requêtes de cette haute juridiction administrative pour faire établir un dossier parfaitement en règle. La section du contentieux lit diligence, et le 4 août dernier, le Président de la République signait le décret approuvant la transaction avec les héritiers Dru, ainsi que l'achat d'Azay-le-Rideau. Notons que ladite transaction classe le château de Vez comme monument historique, réalisant une des conditions essentielles du testament de feu Léon Dru.

Sur le million versé à l'Etat, une somme de cent mille francs est affectée aux frais de sa restauration, les héritiers étant déclarés propriétaires et gardiens.

Quant à Azay, outre les deux cent mille francs consacrés à l'achat, quatre-vingt mille francs seront exclusivement réservés à sa restauration et un capital de quatre cent cinquante à cinq cent mille francs va être placé à la Caisse des Dépôts et Consignations, afin que la rente serve aux émoluments du conservateur, au payement des gardiens, des ouvriers, des jardiniers, etc.

Il restera — on l'espère du moins — une somme approximative décent cinquante milleà deux cent mille francs dont on fera don à notre Caisse des Musées nationaux, si indigente en comparaison des fondations analogues de l'étranger ! Mais ne sera-t-on point obligé de renoncer à cette espérance et d'attribuer encore cette somme au budget annuel de la nouvelle acquisition ; l'entretien du château, les apjiointements des fonctionnaires et

des gardiens, et divers frais risquent d'absorber plus de vingt mille francs par an...

Azay-le-Rideau justifie du reste de telles dépenses.

Le château, moins original que Chenonceau et moins somptueux que Chambord, s'élève dans un site de beauté séduisante. Au milieu d'une île formée par l'Indre, qui l'enserre des deux côtés et réfléchit l'image de ses deux corps de bâtiments, il se dresse flanqué de tourelles à mâchicoulis et surmonté de hautes lucarnes historiées, de cheminées sculptées, d'ornements décoratifs d'une rare richesse.

Une somptueuse colonnade avec niches et attributs divers encadre les deux portes jumelles et les deux étages de fenêtres jusqu'au faîte. Par la pureté de son style, par la grâce des détails, ce portrait évoque le souvenir d'un des maîtres les plus parfaits de la Renaissance française, de Jean Goujon.

Aux fenêtres du premier étage, sur la façade principale, on peut noter, d'un côté, la salamandre, emblème des armes de François F'' avec la devise : " NuTRisco ET ExsTiNGUO», « Je me nourris du feu et je l'éteins » et, de l'autre, l'hermine d'Anne de Bretagne, avec la devise : « Vng seul

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