‹ L'art et les artistes hollandais (volume 2)Chapitre 6 sur 27 · oir registre 24, toi. Ko verso et ?4i recto · texte numérisé non relu

oir registre 24, toi. Ko verso et ?4i recto

2. Sur le seizième registre de la Chambre des orphelins d'Amsterdam, au folio 124 verso, il est également question d'un certain Abraham Jansz, mais l'acte le qualifie de boulanger (backer^. Il n'a donc rien à démêler avec le nôtre, qui était tonnelier.

L'inscription sur le registre est du 4 octobre i(3i3.

BEERESTRAATEN. 3^

demment que les études qui lui ont servi pour exécuter le tableau du Tf^ipenhiiis signé en grosses lettres.

Il nous faut maintenant expliquer par quelle confusion on a été amené à faire de ce seul et unique peintre deux personnages différents. De tous les tableaux connus et signés du nom de Beerestraaten, il en est seulement deux, je l'ai dit, qui portent l'initiale A, non point le prénom Abraham ou Alexandre, mais, je le répète, l'initiale A. L'un, cité par Immerzeel et vérifié par M. Kramm, représente YEcliise de Miiidcn rue pendant riiiver, et, après l'avoir mentionné, M. Kramm ajoute : C'est le seul tableau qui soit de A. Beerestraaten^ (f :{oodat alleen liel stuk , HET SLOOT VAX MuiDEx BU WixTER voovgesteld^ door Immerzeel t'ermeld, van A. Beerestraatex is. » En cela, M. Kramm se trompe, car il existe à Bois-lc- Duc, dans l'hôtel de ville, un autre tableau représentant le vieux Stadhuis de l'antique Sibja dncis, tableau que j'ai étudié et vérifié avec soin et qui porte la signature cidessous :

. 7u N FECïT A KBCJjXV

Cette signature, très usée, très fatiguée, incomplète, présente on le voit un A initial bien visible. Comment <^\pliquercet A? Mais d'une façon bien simple, par un lou un J antérieur qui aura disparu. Car il n y a pas d'erreur possible; cette l'iie de Bois-le-Diic est bien de la même

main que les tableaux du musée d'Amsterdam, que VA?icicn hôtel de ville du musée de Rotterdam, que la Chapelle Saint'Olof de la Galerie Six. C'est cette même recherche d'harmonies douces et claires; ce sont ces mêmes dégradations gris rosé, ces mêmes demi-tons violacés chers à Jan Beerestraaten; c'est cette même pâte solide, abondante, cette même facture large, ces mêmes bonshommes un peu raides, un peu gauches, sauf toutefois ceux du premier plan, qui sont d'une autre main, et probablement de celle de Lingelbach.

Eh bien, supposons que M. Kramm ait mal lu la signature de son Ecluse de Muiden^ ou encore que le petit bâton formé par l'I lui ait échappé, ou, ce qui est fort possible, que le tableau fatigué ait été déverni, reverni, retouché, et que cet I ait été etïacé ou enlevé dans la restauration, comme cela a dû avoir lieu pour la signature du tableau de Bois-le-Duc. Alors ces deux signatures si troublantes se trouveraient expliquées. J. A. Beerestraaten voudrait dire Johannes Abrahamsz Beerestraaten, c'est-à-dire : Jan fils d'Abraham ; et désormais Jan et Abraham ne feraient plus qu'un, comme, du reste , toutes leurs œuvres connues le prouvent , car dessins et tableaux, je ne crains pas de le répéter, sortent évidemment de la même main.

Maintenant qu'il nous semble avoir démontré que la personnalité hypothétique de A. Beerestraaten a pris naissance dans une signature mutilée, il nous reste à démêler la filière par laquelle a passé cet être de raison pour arriver à devenir l'Alexandre van Beerestraaten, parrain d'un des tableaux du Musée de Berlin.

Le premier, nous l'avons dit, qui ait essa3'é de restituer à Beerestraaten oublié, le renom mérité auquel il a droit, est Uoeland van Evnden. C'est en 1787, dans

BEERESTRAATEN.

sa réponse pour le prix Teyler, qu'il chercha à réhabiliter ce brave et digne peintre si injustement méconnu. Mais il semble que lorsqu'il entreprit cette tâche honorable, il ne connaissait qu'un seul tableau de Beerestraaten, cette vue du marché et de l'hôtel de Bois-le-Duc dont nous reproduisions tout à l'heure la signature à moitié détruite, car c'est Tunique œuvre dont il fasse mention ^ Trente ans plus tard, reprenant en collaboration avec Adriaan van der Willigen la biographie de notre peintre % il s'abandonne tout entier à ce vieux souvenir et classe l'artiste sous la rubrique de A. van Beerestraaten. Bien mieux, mentionnant, d'après divers catalogues, les peintures connues de Jan, il s'étonne de ce J. initial qui ne trouve près de lui que peu de créance. Entre temps, de Burtin (1808)"* avait, on ne sait comment ni pourquoi expliqué l'initiale A. par le prénom d'Alexandre qui eut une fortune inattendue. Immerzeel vint ■ensuite^. Pillant à tort et à travers les auteurs qui l'avaient précédé, il s'empara de la notice de Roeland van Eynden et, sans plus se soucier de Jan que s'il n'avait jamais existé, il adjugea en bloc tous les tableaux, signés ou non, à A. van Beerestraaten dont il se garda toutefois de spécifier le prénom. Kramm fut le premier à protester-'. Il s'appliqua d'abord à démontrer que le nom en htige était Beerestraaten et non van Beerestraaten, en second

1 «... Eyi Beerestraaten van n'ien een fraai ffe^igt van de markt te S' Hertogenboscliop't Raadhiiis aldaar bervaardt woordt, et Beerestraaten duquel une vue agréable du marché de Bois-le-Duc est conservée à l'hôtel de ville. » Andivoord, déjà cité, p. i3i.

2 Voir Gesdiiedenis der vaderlandsche schilderkiinst. Haarlem, iSi»), t. I, p. 14t.

3 Traité des connaissances nécessaires , etc. Bruxelles, i8oS, i. I,

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