INTRODUCTION
« Quelque riche que soit le xvne siècle en artistes néerlandais, et quelque abondants qu'ils se manifestent dans
1. Ces maîtres sont:Johan de Bane, Hendrick Berckman, Berghem,. Brouwer, S. de Bray, A. van Dyck, J. van Goyen, Livens, Johan van Noort, Adriaen van Ostade, Post, Romeyn, Scheitz, Schick, Torquatus,. Cornelis Visscher, Webber, Wouwerman.
2. J an de Visscher und Lambert Visscher. — Ver^eichniss ihrer Kupferstiche beschrieben von J.-E. Wessely. Leipzig, 1866.
JOHANNES DE VISSCHER
leurs œuvres, nous dit le critique allemand, ce qu’on sait de leur existence est souvent fort inexact. Maintes fois les dates des naissances et des décès sont absolument inconnues, ou les mentions des divers auteurs varient. Jan Visscher appartient à cette catégorie d’artistes qui sont plus connus par leurs œuvres que par leur vie. Comme lieu de naissance on lui attribue Amsterdam, et l’on prétend qu’il vit le jour en 1 636. Cela du moins semble résulter de l’inscription tracée sur son portrait, gravé en manière de dessin [Z eiclimmgsmanier) par C.Van Noorde.
L’année de sa mort, et par conséquent la longueur de sa vie nous sont inconnues. On prétend qu’il vivait encore en 1692. Ses travaux, surtout ceux d’après Wouwerman, Ostade et Berghem, nous révèlent sa maîtrise (Meisterscliaft) dans le gouvernement de la pointe, et personne n’a mieux interprété l’esprit de Berghem. On reconnaît surtout cela en comparant un dessin original bien travaillé de Berghem avec l’imitation par J. Visscher.
« En fait de portraits, il n’atteint pas à la virtuosité ( Virtuositcit ) de son frère Cornelis. Mais les images de Cornelis Catsius, Hulst, Landmann, de Ruyter sont un ornement pour les collections qui les possèdent.
« Si l’on compare les travaux des deux frères, surtout les paysages, on sera vite convaincu qu’un frère a aidé l’autre dans leur exécution. Pour indiquer un exemple et pour fixer les collectionneurs, il nous suffira de signaler les deux paysages que Nagler décrit dans l’œuvre de Cornelis, sous les n09 171-173 et 174-177. Le feuillage, et d’autres détails encore, qui n’ont aucun rapport avec la facture de Cornelis, se rapportent parfaitement à celle de Jan. D’un autre côté, Cornelis peut réclamer sa part dans quelques estampes de Jan, surtout dans les portraits. Par contre, les deux estampes d’après Romeyn s’éloi-
L’ART HOLLANDAIS
gnent tellement du caractère du maître, que Cornelisn’en peut revendiquer la plus petite part. Il est possible qu’il en soit de même avec les deux estampes notées au supplément sous les n06 18 et 19. »
J’ai tenu à donner cette notice en entier, non seulement parce qu’elle contient des détails fort intéressants, émanant d’une plume assurément compétente, mais encore parce qu’elle montre à quel état rudimentaire est réduite la biographie de Jan de Visscher. M. J. -E. Wessely venant après tout le monde, a condensé tout ce que ses prédécesseurs avaient dit, et il se trouve que tous les renseignements connus se résument en une inscription tracée au bas d’un portrait.
Je passe donc sous silence tous les articles des biographes et même le très court paragraphe que M. Van der Willigen consacre à notre graveur et à son frère Cornelis1 2, paragraphe dans lequel il embrouille bien plus qu’il ne débrouille la biographie des deux artistes, en leur annexant une demi-douzaine d’homonymesh Je préfère donner immédiatement le document inédit qui, en rectifiant l’inscription de l’estampe de Van Noord, va nous faire connaître