REYNIER HALS
ses ouvrages courent le monde sous l’estampille de son oncle Dirck, ou même sous tout autre nom. Quoi qu’il en soit, voyons ce qu’on sait de lui.
D’abord, on connaît la date de sa naissance (1627); « ensuite, nous dit M. van der Willigen, il épousa comme célibataire, demeurant rue de la Ridderstraat, à Haarlem, Margareta Lodewycx, jeune fille d’Amsterdam, où elle avait son domicile. Le même jour, on lui fournit une attestation pour cette ville. » Après cela plus rien.
On remarquera même que M. van der Willigen, malgré son exactitude ordinaire, omet cette fois-ci de nous donner la date de ce premier mariage. Cela eût été d’autant plus nécessaire, qu’il nous faut constater que si l’auteur des Artistes de Haarlem n’a point fait de confusion, Reynier Hais s’est marié au moins deux fois, puisqu’il laissa, après lui, une veuve du nom de Lysbeth Pieters. C’est du moins ce qui résulte d’un acte relevé dans les archives des chambres d’orphelins, au département d’Amsterdam, reg. 37, folio 275, dont voici la traduction :
20 avril 168 g.
« Reynier Hals, artiste peintre (fynschilder).
« Pieter Groen, garçon cordonnier ( sclioenmackers kneght j, se présentant comme cousin de Jan, âgé de vingtcinq ans et de Jacob, âgé de vingt-quatre ans, tous deux actuellement aux Indes orientales, enfants orphelins de Reynier Hals, artiste peintre, et de Lysbeth Pieters, déclare avoir trouvé dans la maison mortuaire de Lysbeth Pieters 3q ducatons, soit 122 florins 17 sols; il ajoute que la vente de son mobilier et de ses effets a produit, déduction faite de ses dettes, une somme de 5o florins,
L’ART HOLLANDAIS
lesquels, ajoutés à la somme mentionnée plus haut, forment une somme de 172 florins 17 sols, qui a été placée à 3 0/0 d’intérêt... etc. »
On sait que Frans Hais mourut pauvre. En 1661, les doyen et syndics de la gilde de Saint-Luc l’exemptèrent de payer les six sous qui formaient sa cotisation. L’année d’après, il était obligé de mendier un subside de cinquante florins que lui accordaient les bourgmestres. En 1664, on lui concédait un secours consistant en trois chariots de tourbe et une pension annuelle de deux cents florins. Lorsqu’il mourut, en 1666, son enterrement coûta quatre florins, et, en 1675, sa veuve, chargée d’ans et accablée par la misère, était gratifiée d’un secours de quatorze sous par semaine, pris sur la caisse des pauvres.
Par le document que nous venons de produire, on peut voir que si les vieux parents n’avaient point fait fortune, les enfants, eux non plus, n’avaient guère amassé d’argent. Un mobilier et des nippes de cinquante florins, c’était le dénuement, cent vingt-deux florins pour tout capital, c’était la misère à courte échéance, et l’on comprend que les deux petits-fils de Frans Hais aient consenti à s’expatrier.
Qu’advint-il d’eux? Une note consignée sur le registre 07, à la suite de l’acte dont nous venons de donner la traduction, nous apprend que l’aîné Jan rapatria cinq ans après la mort de sa mère. En 1694, il revint à Amsterdam, se présenta devant la Chambre des Orphelins et toucha 86 florins 5 sols pour sa part d’héritage. Quant à l’autre, il n’en est point fait mention. Selon toute apparence, Jacob ne revit point Amsterdam et mourut à Batavia.