‹ L'art et les artistes hollandais (volume 4)Chapitre 3 sur 61 · Les Musées de Hollande, t. I, p · texte numérisé non relu

Les Musées de Hollande, t. I, p

2. Catalogue historique et descriptif du musée royal de Belgique , 4e édition, p. 340.

3. Sandrart, dans son Academia artis pictorice, ne leur consacre que huit lignes.

Fiorillo, si prolixe ordinairement, parle d’eux d’une façon tout aussi sommaire, premièrement au tome V de sa Geschichte der qeichnenden Kiinste in Grossbritannien, p. 548, et ensuite dans sa Geschichte der qeichnenden Kiinste in Deutschland, t. III, p. 1 3 1 . C’est lui qui, je crois,

L’ART HOLLANDAIS

cations étaient cependant parvenues jusqu’à nous. Mais ces renseignements, bien loin de comporter ce caractère de vérité qui lève tous les scrupules, manquaient au contraire de précision. Aussi les critiques judicieux étaientils demeurés sur une prudente réserve; et, bien que M. Waagen eût donné 1604 et 1680 comme les époques de naissance et de mort du plus âgé des Palamedes, ces deux dates (dont pour l'une au moins il fut l’inventeur) n’avaient trouvé que peu de créance et n’étaient acceptées, par les auteurs sérieux, que sous bénéfice d’inventaire i.

Et c’est ainsi que M. Édouard Fétis, dans son excellent Catalogue du Musée de Bruxelles, et M. de Stuers, dans

le premier, assigna à la mort d’Anthoni la date de 1680, laquelle fut du reste répétée par Bryan, dans son Dictionary of painters and engravers.

Houbraken et Descamps évitent presque de parler des Palamedes et résument hâtivement ce qu’en avait dit un siècle avant eux Dirk van Bleyswijck. Toutefois Houbraken, dans ses quelques lignes, trouve moyen de fournir une indication fausse, en disant qu’Anthoni fut admis dans la Gilde de Saint-Luc en i636, ce qui est une erreur de quinze ans.

Pilkington, qui les répertorie sous le nom de Staevarts ou Stevers (Palamedes), ne nous apprend rien qui n’ait été dit.

Balkema parvient, dans les dix lignes qu’il leur accorde, à embrouiller la biographie des deux frères avec celle de leur père.

Kramm ne dit rien sur eux et renvoie à Immerzeel, lequel se borne à copier Houbraken.

Siret s’inspire, lui aussi, de Houbraken, mais en l’abrégeant. Quant aux autres, Piles, Félibien, Reynolds, Van Gol, Papillon de la Ferté, Le Carpentier, de Burtin, Roeland van Eyjnden, Adriaan van der Willigen, etc., etc., ils ne soufflent mot de nos deux peintres.

1. La double biographie donnée par M. Waagen mérite d’être citée textuellement, tant elle fourmille de contresens et d’erreurs :

« Antoine G. Stevers, surnommé Palamedes, né en 1604, mort en 1680, fut très probablement l’élève de son père. Nous le trouvons peu dans nos musées.

« Palamedes Stevers, dit Palamedes, né en 1607 (?), mort en i638(?), frère du précédent et comme lui probablement elève de son père, peignit principalement des combats dans le même style. »

Quel style? Pourquoi ces mots surnommé ou dit Palamedes? On remarquera, en outre, que les deux dates qui offrent quelque chance d’exactitude sont précisément celles que M. Waagen fait suivre de

LES PALAMEDES.

celui du Musée de la Haye1, avaient fait suivre les deux dates suspectes de deux points d’interrogation, et que, plus prudent encore, l’auteur du catalogue du Trippenhuis, M. Dubourcq, les avait complètement omises.

Nous verrons tout à l’heure que ces trois auteurs avaient pleinement raison.

Pour le moment, abandonnons, si vous le vouiez bien, tous ces biographes relativement modernes, qui se répètent forcément, et puisent d’une façon uniforme leurs renseignements chez les écrivains qui les ont précédés. Remontons directement à la source primordiale, où les premiers d’entre eux et les plus consciencieux se sont renseignés.

Cette source unique, c’est la Beschryvinge der stad Ddft, c’est le livre de Bleyswijck, l’œuvre du secrétaire de la ville de Delft, de l’historien consciencieux contemporain des Palamedes, leur compatriote, le seul qui les ait connus, le seul qui semble avoir eu des renseignements directs sur leur famille. Et à ses dires nous pouvons ajouter une foi entière, car tout fait supposer qu’il obtint de l’aîné des deux frères les indications dont il a composé la notice qu’il consacraù Palamedes Palamedesz Stevens2.

Voici cette notice. Je la donne intégralement parce qu’elle me paraît d’une extrême importance, et qu’en outre, si tout le monde y a puise, on peut dire que personne ne l’a reproduite exactement :

« palamedes palamedes stevers. Il n’est point né à

points d’interrogation, alors qu’il donne comme certaines les autres qui ne reposent que sur des présomptions.

L’erreur du critique allemand est si manifeste que MM. J. Meyer et W. Bode, les auteurs du nouveau catalogue de la Gemalde-Galerie de Berlin, ont renoncé à ces indications erronées pour conformer leur notice à nos découvertes.

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