PLAN DU QUARTIER DES ARTISTES
Dessin de Goutzwiller, d’après l’estampe de Blaeuw.
GO VERT FLINCK.
IIÎ
parmi nos appendices cette pièce in extenso i. On nous pardonnera donc de ne point suivre ici le docteur Tulp dans ses déductions savantes, et de nous borner à donner une traduction très résumée et fort adoucie dans ses termes du passage le plus saillant de ce curieux procès-verbal.
« Iugitta (szc), épouse du peintre Flinck, dont le ventre dès sa plus tendre enfance avait été dur et ballonné, sentit, à mesure qu’elle avançait en âge, son abdomen se développer d’une façon anormale, et peu à peu sa masse prendre des proportions telles qu’il put contenir, ainsi que l’a démontré l’autopsie, jusqu’à iio livres d’eau... Cette abondance excessive de liquide ne l’affaiblit pas cependant autant qu’on aurait pu croire, et cette femme courageuse en supporta le poids avec une telle énergie, que, pendant sept années, non seulement elle put aller et venir comme le ferait une personne saine, mais encore voyager et (ceci tient du prodige) gravir la tour très élevée de Clèves... »
C’est à cette infirmité, bien certainement, qu’il faut attribuer le départ singulier de nos deux dames, quittant seules Rotterdam pour venir s’installer discrètement à Amsterdam dans un quartier retiré. Soit qu’elles voulussent recourir aux sommités médicales qui illustraient alors les bords de l’Amstel, soit qu’au contraire elles prétendissent simplement cacher, à des yeux indiscrets, l’état peu rassurant de la jeune malade, leur retraite au Koningsgraclit s’explique suffisamment par la situation pathologique d’Ingitta. On comprend aisément que cette maladie monstrueuse n’était point pour attirer les amoureux, surtout à Amsterdam; car c’est là une justice à rendre aux Hollandais, la fortune et le rang ne sont presque jamais