Musées de Hollande, tome I, page
2. Cet article publie dans la Kunst Kronyck a été récemment réédité par le journal l'Art .
3. Voyez Œuvres complètes du chevalier Josuah Reynolds. Paris, 1806, tome II, page 328. Ce tableau, dont on avait perdu les traces, vient, m’écrit-on, d’être retrouvé en Angleterre.
L’ART HOLLANDAIS
non point une réunion de portraits, mais une série d’allégories ; et cependant, dans la seule École d’Athènes, il trouva moyen d’introduire Dante, Savonarole, Fra Angelico, Bramante, le Pérugin, François-Marie délia Rovere, et d’y placer par-dessus le marché son propre portrait.
On le voit, à force de vouloir trop prouver, on ne prouve rien. Dans le jugement qu’on porte sur ces œuvres lointaines, il faut toujours donner une grande place aux influences ambiantes et aux exigences des contemporains. Le choix des sujets appartient rarement aux artistes.
Ainsi, on peut en être certain, ce ne fut pas Govert Flinck, auquel je reviens après ce long détour, qui imposa aux bourgmestres d’Amsterdam le choix des scènes qu’il fut chargé de peindre pour le nouvel hôtel de ville.
Son Salomon demandant à Dieu la sagesse et son Marcus Curius Dentatus refusant les présents des Samnites sont des sujets expressément choisis par le Magistrat, des ouvrages commandés sur un thème arrêté à l’avance par les savants du conseil, choisi à loisir, longuement médité, tout comme le Fahricius de Bol, le Marché des grains en Égypte de Nicolas de Helde- Stokade, et les réminiscences marmoréennes du Brutus faisant décapiter ses fis et du Jugement de Salomon, commandées au ciseau de l’illustre Artus Quellin.
Ajoutons que si le choix des sujets était jenlevé aux peintres, on ne leur laissait guère plus de liberté quant à la composition et à l’exécution. La critique existait dans ce temps comme de nos jours. Elle s’efforcait de guider les artistes, et ses exhortations étaient d’autant plus efficaces que le nombre des juges compétents était plus restreint. Or cette critique poussait Flinck dans la voie où il s’était si malencontreusement engagé. Dès
G O VERT FLINCK.
qu’il abandonna la manière rembranesque, on vanta la clarté de son esprit, la vérité de son pinceau. Dans une pièce de vers assez amphigourique que Vondel lui adressait à cette époque, le grand poète, le donnant pour modèle aux artistes de son temps, s’écriait que « celui-là sait le mieux garder les règles de l’art qui conserve à chaque objet sa forme et sa valeur, et ne veut point modifier les règles de la nature1, » et, célébrant ses œuvres nouvelles, il le félicitait de marcher constamment sur les traces d’Apelles :
Altyt up Apelles spoor Volgde...
Notez que cet enthousiasme un peu excessif était partagé par d’autres poètes illustres, par Jan Vos par exemple, traçant les six vers qui figurent sur la grande Paix de Munster , dont nous parlions à l’instant. Et même il survécut au peintre; car Vondel n’hésitait point à écrire de nouveau, au bas de son portrait posthume, ce nom presque divin d’Apelles.
« Ainsi revit Apelles Flinck, hâtivement enlevé alors qu’il allait revêtir notre glorieux hôtel de ville de ses historiques compositions. Semblable à Tacite, il nous révèle l’antiquité. Les exemples de Rome enseignent la justice