‹ L'art et les artistes hollandais (volume 4)Chapitre 35 sur 61 · Voir appendice F · texte numérisé non relu

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2. Une mention indique que les pièces justificatives doivent se trouver dans certains paquets correspondant au numéro indiqué sur le registre. J’ai lait des recherches dans ces paquets, mais elles ont été infructueuses. Les paquets avaient été vidés. Ils le furent sans doute en 1 66g, car le i5 mars de cette année Nicolaas-Anthoni Flinck donna décharge à ses tuteurs de leur compte d’administration.

i4? L’ART HOLLANDAIS.

Report. . . 26,0 i2n. s.

70 Une obligation de 2,000 florins sur Jan

Lennerts de Clèves, en date , majorée par

quatre mois d’intérêts à 2,026 i3s 8

8° Une obligation de 2,400 florins sur Jacob Frans Hinloopen, en date majorée

par dix mois d’intérêts à 2,480 »

90 Une hypothèque de 1,000 francs, capital sur la maison de la veuve de Jan Swelerts à

Gouda, avec quatorze mois d’intérêts 1,046 1 3S 8

io° Une maison et blanchisserie à Clèves,

taxée 3,ooo »

1 1° En argent comptant, la somme de.. . . 5,959 5

12° Item payé pour les funérailles, et l'entretien de l’enfant depuis la mort de son père. 937 8

i3 0 Item pour le mobilier, linge de corps, peintures et gravures, tant celles réservées pour

l’héritier que celles vendues x ,538 »

14" Et encore 1,000 florins dus par les tuteurs des enfants d’Almeldoncq Flinck, comme cela est inscrit sur les livres du défunt,

ci 1,000 »

i5° Et il reste pour faire face à des dettes en dehors ia3 16

Total. ...... 44,i23n,i65 4

Ainsi donc voilà à quoi se réduisait cette fortune superbe! Elle vient tout entière de défiler sous nos yeux. Combien nous sommes loin des magnifiques exagérations de Houbraken, si complaisamment commentées depuis par les biographes. Le total s’en élève à un peu plus de 40,000 fl., c’est-à-dire à peu près à la somme que Rembrandt, longtemps après la mort de Saskia, reconnaissait avoir été apportée en dot par sa femme.

GOVERT FLINCK.

Quant à l’habitation princière de notre peintre, à son luxe, à ses collections, nous voyons le cas qu’il faut en faire. Et d’abord, ce n’est point un palais qu’il possède, ce sont deux maisons situées en un quartier retiré, habité à cette époque par des petits bourgeois, et encore de nos jours par une population peu fortunée. — Ces maisons, les occupait-il toutes deux, ou bien n’en louait-il pas une? — Nous l’ignorons; la dernière supposition, toutefois, étant donnée sa modeste aisance, est la plus probable. Mais alors il était moins bien logé que Rembrandt, dont la maison, vendue par autorité de justice, fut adjugée au prix de 11,218 florins, tandis que celle de Flinck n’était estimée sur inventaire (ce qui est bien différent) que 9,000 florins.

Mais en admettant même qu’il occupât ces deux maisons, son logis, dans tous les cas, n’avait rien à démêler avec les beaux hôtels du Heerengraclit ou du Kei^ersgracht , qui atteignaient couramment le prix de 3o à 40.000 florins '.

Quant à ses collections, nous savons également ce qu’il faut penser de ce « bon nombre de peintures et dessins des maîtres les plus fameux tant italiens que d’autres pays5». Il faut aussi rayer cette phrase mensongère d’Houbraken, qui a si fort induit en erreur tous les biogra-

1. En faisant des recherches sur le livre de vente de maisons, pour voir si les deux propriétés de Flinck n’avaient point été vendues après sa mort, j’ai souvent rencontré des chiffres de cette importance : par exemple la maison de Willem Schryver, conseiller de l’amirauté, vendue en 1662 pour 39,200 florins; celle d’un simple bourgeois, Gérard Demmer, adjugée la même année pour 02,800 florins.

Par contre, je n’ai rien trouvé de relatif à Govert Flinck; il est probable que son fils conserva ces deux maisons jusqu’à sa majorité.

2. «.... Een goet getal van Schilderijen, teekeningen en Printen van de berutchte italiaansche en andere meesters opgegaderd had. .. » Houbraken, Schouburgh der Schilders, t. II, p. 25.

L’ART HOLLANDAIS

phes : « De tous ces objets d’art qu’il laissa à sa mort, il en fut vendu environ pour 12,000 florins. » L’historien de Govert Flinck s’est trompé d’un zéro. C’est 1,200 qu’il faut lire, car nous savons que toutes ces collections jointes au mobilier et au linge de corps ne furent prisées que i,538 florins, «tant ce qui avait été réservé pour l’héritier que ce qui fut vendu, » dit l’inventaire. ( Soo uyt den boedel voor hem aengenomen, al s gecocht.)

Et ce dernier chiffre est bien le bon, le vrai, le seul dont il faille tenir compte, car il se trouve confirmé par un autre document qui à un siècle de distance vient nous édifier sur la valeur et l’importance de la collection de Govert Flinck. Je veux parler de la vente, qui eut lieu le 4 novembre 17541, delà fameuse galerie de Nicolaas- Anthoni, galerie vantée par Houbraken, où ce Mécène avait réuni, aux prétendus chefs-d’œuvre collectionnés par son père, tout un assortiment de tableaux attribués à des maîtres illustres.

Ce ne sont certes pas les noms ronflants qui manquent; mais, quand on voit à quels prixcestableauxfurent cotés, on est pris d’un immense désenchantement. On y trouve des Titien à 71 fl., des Benedetto Castiglione à 5o fl., des Rubens à 58 fl., des Van Dyck à 75 fl., etc., et ces bas prix tiennent exclusivement au peu d’importance et à laqualité douteuse des œuvres mises en vente; car, dès qu’un tableau présente quelque mérite, les enchères se relèvent. Une

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