Cette vente fut annoncée sous la désignation suivante
« Schilderijennagelaaten, zoo door deberugten Kunstschilder den Heer Govert Flink, als door deszelfs zoon de Heer en Mr Nikolaas-Antoni Flink verkogt den 4 november 1754 in Rotterdam. »
C’est-à-dire : Peintures laissées tant par l’illustre M. Govert Flinck que par son fils, M. Nicolaas Flinck, vendues, etc. »
J’ai cru être agréable au lecteur en donnant parmi lespièces justificatives la traduction du catalogue avec les prix. Voir appendice G.
GOVERT FLINCK.
Suzanne de Nicolas Verkolje, un peintre de second ordre, se vend i5o fl. ; un paysage de Rottenhamer, 475 fl. ; une Renonciation du Guide, 3q5 fl., etc. Le chiffre de toute cette vente, où figurent non seulement les travaux de Govert Flinck, mais encore les très nombreuses acquisitions personnelles de son fils, monte à 2,770 fl. et 5 sols. O11 voit combien cette somme se rapproche de l’estimation d’inventaire , et combien nous sommes loin des grandes ventes hollandaises du xviii6 siècle : celle par exemple du bourgmestre de Leyde1 * * *, Johan van der Marck, qui atteignit le chiffrede 81,491 fl. 6 sols; celle de Smeth van Alphen, qui monta à 184,610 fl., et même celle du peintre Isaac Walraven (14 octobre 1765), qui produisit 9,064 fl.
Fait digne de remarque, à cette vente de Govert Flinck, nous ne voyons figurer aucune œuvre de Lambert Jakobse ni aucun tableau de Rembrandt. — Rien, pas même une esquisse. Il est au moins singulier que le peintre du Laurier gracht, contrairement à toutes les traditions et à tous les usages, n’ait conservé aucun souvenir de ses deux maîtres. Était-ce indifférence ou parti pris ?
Par contre, nous trouvons dans cette galerie de MeNicolaas Anthoni six peintures de l’auteur du Salomon et du Cnrius Dendatus. Ce sont une Sainte Vierge, une Bethsabée, une figure de Saint Pierre et une figure de Saint Paul, l'Adoration des rois mages et une Tête de vieillard. Toutes ces œuvres furent adjugées entre 3o et 40 fl.
1. Cette vente eut lieu à Amsterdam, le 25 août 1773. Le chiffre que nous donnons plus haut, comme total de la vente, se décomposait comme suit :
Peintures 79, 157 fl. 5 s.
Crayons 1,649 5
Statues 541 14
Cristaux et tabatières 143 2
ip
L’ART HOLLANDAIS
Cette vente venant près d’un siècle après la mort de notre peintre est le dernier acte public auquel le nom de Govert Flinck se trouve directement mêlé.
Après cela, plus rien, et cette tranquille figure, douce et calme, descend insensiblement dans l’oubli. A partir de ce jour, elle appartient exclusivement aux historiens. — C’est pourquoi j’ai cru bien faire en soumettant cette physionomie intéressante et sympathique à un travail d’analyse qui, grâce à quelques documents nouveaux, nous permet de la débarrasser d’ornements d’emprunt dont l’avait affublée une vanité mal placée, et de la replacer, je crois, dans son véritable cadre.
Certes Govert Flinck fut un assez grand artiste pour briller sur son propre fonds. Il n'avait pas besoin de ce faux relief dont l’avait paré l’imagination de son fils. S’il ne fut point un génie, il fut du moins un artiste au talent sincère et consciencieux; s’il ne vécut pas au milieu de richesses fastueuses, il jouit du moins de cette aureci mediocritas si chère au sage.
Enfin il mourut jeune ! On peut donc dire qu’il fut aimé des dieux.