‹ L'art et les artistes hollandais (volume 4)Chapitre 5 sur 61 · Manuel de l’histoire de la peinture, t. III, p · texte numérisé non relu

Manuel de l’histoire de la peinture, t. III, p

L’ART HOLLANDAIS

ils devaient illustrer. Graveur et tailleur de pierres fines, « très habile dans, l’art de fabriquer des vases de jaspe, de porphyre, d’agate et d’autres matières précieuses »,le premier des Palamedes était assurément, dans sa spécialité, un artiste de talent, mais il n’était pas peintre, et en tout cas n’avait pas mandat, aux yeux de la corporation de-s Saint-Luc, pour faire faire à son fils l’apprentissage indispensable.

Du reste, avoir pour maître Anthoni Palamedes, ce n’était pas se trouver à petite école. Quand nous étudierons ses oeuvres, nous verrons assez qu’elles n’étaient point de qualité médiocre. Malgré beaucoup d’inégalités et, dans quelques-unes, des négligences qui indiquent la hâte, on sent en elles une habileté peu commune et une brillante facilité. Ajoutons que dès i63o la réputation d’Anthoni comme portraitiste était bien assise (ce qui était un très grand honneur dans la ville où florissait Mierevelt), et son atelier était déjà, vers ce temps, fréquenté par de nombreux élèves. Houbraken nous apprend même que sa renommée lui attirait des disciples du dehors. Dans sa biographie de Ludolf de Jong, il raconte que ce jeune artiste quitta Rotterdam et l’atelier de Kornelis Sachtleven pour venir étudier à Delft chez Anthoni Palamedes, « lequel, nous dit Houbraken, était un bon peintre de portraits1».

Anthoni était donc un maître dans le sens professionnel, en même temps que dans l’acception la plus relevée de ce mot. Ses contemporains le considéraient, du reste, comme tel, et ses confrères le tenaient en sérieuse et sincère estime. La preuve de leur confiance

i. « Naderhant werd hy besteld by Antoni Palmedes, te Delft, die een goed portret-schilder was... » Houbraken, de groote Schouburgh, etc. 1 7 1 5), t. II, p. 33.

LES PALAMEDES.

nous l’avons par les grades qu’ils lui conférèrent dans leur corporation. A l’année i635 nous relevons, en effet, sur les registres de la Gilde, la mention suivante, qui nous apprend qu’ÂNTONL Pallemedes Steuaerts a été nommé syndic :

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Ainsi donc, dès 1 635, les artistes qui composaient la Gilde de Saint-Luc avaient placé notre peintre à la tête de leur corporation, et, ce faisant, ils lui décernaient une distinction à laquelle beaucoup de ses confrères, même des plus méritants, n’atteignirent jamais. Leur confiance, du reste, était bien placée, et il n’en démérita point, car il 'fut à maintes reprises élevé à la même dignité, notamment en 1 653, i65q, 1659, i663, 1664, 1672 et 1673. Il est même possible qu’il ait exercé ces hautes fonctions plus souvent encore, mais les livres de maîtrise, assez irrégulièrement tenus en toutes choses, et pleins de lacunes pour ce qui regarde les syndics, ne nous ont permis de relever que les dates ci-dessus.

Eh bien, voilà la vie professionnelle de nos deux

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