‹ L'art et les artistes hollandaisChapitre 2 sur 37 · MICHIEL VAN M 1ER EVELT __ PORTRAIT DE FEMME · texte numérisé non relu

MICHIEL VAN M 1ER EVELT __ PORTRAIT DE FEMME

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Collection de M le Bon Léon de Bussières

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MICHIEL VAN MIEREVELT

ichiel van Miereveltestnon seulement une des plus anciennes figures de l’École hollandaise, c’est aussi une des plus intéressantes et une de celles qui méritent le plus d’être étudiées. C’est en quelque sorte un précurseur, ou est le point de jonction entre cette pléiade impersonnelle copiste de la Flandre, de l’Allemagne et de l’Italie, qui marque les premières étapes de l’art hollandais, et cette autre pléiade si vive en ses manifestations, si puissante dans sa production et si personnelle dans ses œuvres, qui va tout d’un coup poser, non par des préceptes, mais, ce qui vaut mieux, par des ouvrages admirables, les bases d’une esthétique nouvelle.

Avec le vieux Ravesteyn, Mierevelt peut en effet, être regardé comme le père de ces portraitistes merveilleux qui sont l’honneur de leur pays. Il est en quelque sorte le promoteur de cette « peinture civique » qui, en suivant

tout au moins il

deux voies différentes, allait d’un côté, brillante, vivace, énergique, aboutir à Frans Hais en passant par Théodore de Keyser, et, de l’autre, calme, savante, consciencieuse et majestueusement écrite, devait en passant par Moreelseet Cornélis vanderVoort, trouver son expression définitive sous l’irréprochable pinceau de Bartholomeus van der Helst.

Michiel Jansz van Mierevelt naquit à Delft en 1 568 selon Carel van Mander1, et le ier mai 1 567 au dire de Bleswijck2.

Cette dernière date, à cause de sa précision même, a été adoptée par les auteurs. Cela du reste n’a rien que de fort naturel, l'exactitude habituelle de Bleyswijck et sa bonne foi étant au-dessus de tout soupçon.

Toutefois je ne puis m’empêcher de pencher pour la première et cela pour plusieurs raisons. Tout d’abord Carel van Mander était le contemporain de Mierevelt. Ce dernier connaissait le livre écrit par van Mander; nous verrons même plus tard qu’il le possédait. Cet ouvrage, qui eut en son temps un retentissement considérable, fut publié en 1604, c’est-à-dire trente-six ans avant la mort de Mierevelt. Le peintre de Delft eut donc tout le temps nécessaire pour demander une rectification, et cependant il ne le fit pas, puisque la seconde édition qui fut donnée quatorze ans plus tard3 ne contient aucun chan-

1. Voir : liet Schilderboek door Carel van Mander. Haarlem, 1604.

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