Voir à l’appendice, note B
4. Hendrich Willemsz van der Vliet fut reçu dans la gilde de Saint- Luc de Delft, en qualité de maître peintre, le 22 juin i632.
dit un connaisseur1 entre les mains duquel ont passé une foule de tableaux. On ne peut rien voir de plus étudié et de plus recherché que les poils des sourcils, de la chevelure et de la barbe : les étoffes, toujours subordonnées à ces détails, prennent un ton rembruni, ou sont tout à fait noires. » Ce jugement est de tous points exact, quand on l’applique aux œuvres du dernier temps ou encore aux portraits qui garnissaient ce « magasin » dont nous parlions tout à l’heure et dont nous aurons bientôt à faire l’inventaire.
Cette manière de procéder, un peu trop mercantile peut-être, n’avait pas été, du reste, sans choquer les contemporains du maître. Remarque intéressante, dans ce pays de marchands, on s’était senti un peu blessé par le côté vénal de cette production artistique. Déjà, au commencement de sa carrière, Mierevelt avait eu à subir les critiques, courtoises il est vrai, de Carel van Mander. Cet artiste écrivain, dans la notice biographique même qu’il consacre à Michiel, se plaint en effet très amèrement de ces maîtres habiles qui abandonnent la grande peinture pour se spécialiser dans le portrait, et cela « pour cause de gain ou pour d’autres raisons2. »
Le poète Corneille de Bie3, qui cumulait avec ses fantaisies lyriques les fonctions plus sérieuses de notaire public et le goût des tableaux, renchérit sur van Mander ut compare notre peintre à la fourmi prévoyante et infati-
1. Gault de Saint-Germain, Guide des amateurs de tableaux, 1818.