‹ L'art et les artistes hollandaisChapitre 5 sur 37 · Het Scliilderboek, loc. cit · texte numérisé non relu

Het Scliilderboek, loc. cit

3. Coïncidence très curieuse, il y eut aussi un peintre qui porta ce nom. J’ai en effet découvert dans un inventaire après décès, la note suivante qui nous révèle ce nouveau maître :

Cornelis de Bie, peintre, habitant cette ville, déclare qu’il a droit et réclame de Jannetçe Wessels, marchande de verdures (groentencoopster), habitant également cette ville, veuve de Jan Dircks, marin au long cours (Hochbootsman), une somme de vingt-quatre florins, pour avoir, pendant

MICHIEL VAN MIEREVELT.

tigable amassant dans les champs verts du grain pour l’avenir.

De Mier die heele somer dagen is besich in het groon Veldt1.

Mais ces critiques, pour fondées qu’elles aient été, ne paraissent pas avoir ému Mierevelt. Peu lui importait de contenter quelques esprits sévères. Son idéal n’était point perdu dans les nuages. Il était de ce monde, terre à terre, et l’art ne semble jamais avoir revêtu à ses yeux les allures d’un sacerdoce. Ce qu’il voulait, c’était lui, le petit bourgeois, lui le fils d’un boutiquier, l’enfant d’un modeste orfèvre au nom vulgairement plébéien, c’était faire souche de patricien. Voilà ce qu’il voulait et il y réussit.

Je dis « au nom vulgairement plébéien », parce que, détail absolument ignoré, le fils du graveur Jan Michielsz ne porta pas pendant les premières années de sa vie ce nom aristocratique de Mierevelt. Il s’appela d’abord Michiel Jansz tout court, se conformant en cela à l’usage de son temps. A cette époque, en effet, la petite bourgeoisie hollandaise se contentait comme nom patronymique de faire suivre le prénom de l’enfant du prénom paternel mis au génitif et accompagné du mot \oon (fils), le u !oç des Grecs.

le temps d’une année, appris chef lui, à son fils, à peindre. Actum, à Amsterdam, ce 23 novembre 164g.

(Signé) Cornélis DE Bie.

(Contre-signé), moi présent : P. van Velsen, notaire public.

Comme je ne sache pas que jamais le nom de ce peintre ait été écrit par aucun biographe, j’ai cru pouvoir révéler ici son existence inconnue jusque-là.

1. Il y a là un de ces jeux de mots si fort à la mode en ce temps. Mier veut dire fourmi et Veldt veut dire champ. On comprend facilement le parti qu’un esprit ingénieux pouvait tirer de cette coïncidence, pour lancer une légère satire contre Mierevelt.

De là tous ces Stevens, ces Jansens, ces Willems que nous rencontrons encore aujourd’hui et qui ne sont à l’origine que des fils d’Étienne, de Jan, et de Guillaume.

Aussi lorsque, le 1 1 avril 1589, les magistrats reçurent sa déclaration matrimoniale, l’inscrivirent-ils comme Michiel Jansz, peintre, sans particule ni surnom. Le facsimilé ci-dessous, calqué sur le Troimboeck n° 109 de la municipalité de Delft, en est la preuve.

Lisez : Michiel Jan\, scilder, jonckgeselle, wonen aan het Marcktvelt. Stijntge Pieters, jongedochter wonen aan de Ponttenmarct.

C’est-à-dire : Michiel Jansz, peintre, garçon, demeurant sur le marché et Stijntge Pieters, jeune tille, demeurant sur le Pontenmarct.

Lorsque cette mention passa des pages du Tromvboeck, ou livre du mariage civil, sur celles de Y Huwelykslegger , elle y passa dans toute sa simplicité, et ce ne fut que plus tard, notre second fac-similé en fait foi, qu’une main complaisante se chargea de corriger pour le peintre, aussi bien que pour sa compagne, ce que cette inscription avait de trop laconique et de trop prolétaire.

VAN DtK , ,

Stijntge Pieters jeune fille, demeurant près du

Ce petit van Mierevelt, ce minuscule van der Pes subrepticement introduits sur ce livre de mariage sont gros de révélations. On y sent la petitesse de la condition présente et l’ambition déjà venue. Ce sont là les débuts dans la carrière, le point de départ. Plus tard il n’en sera plus ainsi. En 1 633, quand notre peintre, après avoir perdu cette Christine 1 van der Pes, qui a été sa fidèle compagne des jours difficiles et qui l’a aidé à poser les bases de sa fortune, se remarie à la riche madame van Bcest, du premier coup on lui donne nom, particule et surnom (voir fac-similé n° 3) et le scribe ajoute même respectueusement le titre de meester.

Ox W,

“îcû; onù ia ^

Fac-similé n°

Lisez : Den g january i633, Meester Michiel van Myerevelt, vveduwenaer aen oude Dclft.

Anna Huijsens, weduwe Wylen Cornelis van Beest, aen de Binnemvatersloots.

C’est-à-dire : du 9 janvier 1 633, Maître Michiel van Myerevelt, veuf, sur POude Delft, et Anna Huijsens, veuve de feu Cornélis van Beest, sur le Binnenwatersloot.

Déjà, du reste, depuis longtemps cette dénomination de maître, si recherchée en Hollande, lui était acquise. Le

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