Stijntje est une abréviation hollandaise de Christine
MICHIEL VAN MIEREVELT.
poète Huygens, ambassadeur et secrétaire des princes de Nassau, la luj donnait, et M. Hooft, le sévère M. Hooft lui écrivait : « A Monsieur (sic) Van Mierevelt 1 ». Luimême tranchant du seigneur, avait adopté des armoiries2. A ce moment, de sa vie l’heureux peintre était arrivé au point culminant qu’il ambitionnait. Comme fortune et comme honneurs, il n’avait plus rien à souhaiter.
Le duc de Nieubourg, le roi de Suède et le roi d’Angleterre lui avaient donné des médailles d’or et des chaînes qu’il pouvait étaler sur son pourpoint. Ce dernier, le roi d’Angleterre, avait même témoigné le désir de l’avoir auprès de lui. Désir fort naturel et qui s’explique par les portraits d’un certain nombre de hauts personnages anglais : le comte de Southampton, sir Ralph Winwood, le comte de Warwick, le duc de Buckingham, etc., qui, dans leurs voyages en Hollande, n’avaient pas manqué de venir poser devant le peintre à la mode et, de retour en Angleterre, avaient vanté hautement son habileté et son talent 3. Mais Mierevelt résista à cette proposition tentante; la peste qui régnait à Londres, nous dit Bleyswijck, fut la raison déterminante qui motiva son refus.
L’historien de Delft raconte également que l’archiduc Albert l’invita avec beaucoup d’insistance à se rendre à Bruxelles, lui promettant toute sûreté pour cause de reii-
1. Voir Brieven van P. C. Hooft. Amsterdam, 1738, in-folio, n° 187.
2. Ges armoiries étaient coupées au premier d’argent à trois pals de gueule, avec trois étoiles de sable sur le dernier champ; au second d’or avec un fer de moulin d’azur, entourés par trois grelots de même placés par deux et un. Ces armoiries assez peu héraldiques ont été relevées par M. Kramm sur un portrait de Pieter van Mierevelt. (Voir Levens en Werken déjà cité).
3. Fiorillo, dans sa Geschiclite der Malereij in Grossbritannien (p. 335 en note) raconte d’après Walpole et d’après une lettre de sir Edward Conway, les instances qui furent faites pour attirer Mierevelt à la cour de Charles Irr.
gion. Cette seconde invitation, que tous les biographes ont répétée avec complaisance, nous semble toutefois beaucoup moins croyable que la première. Et l’orgueil de clocher pourrait bien ici avoir induit l’auteur de la Besclirijvinge dans une erreur difficile à admettre après lui.
Il ne faut guère savoir, en effet, ce qu’étaient les haines religieuses de ce temps pour croire que le vaincu d’Ostende et de Nieuport, qui traitait hautement les calvinistes « d’hereticques et infidèles subjects à leur Dieu et à leur Roy », qui les poursuivait dans toutes les villes de son gouvernement, procédait contre eux et leur faisait appliquer des châtiments effroyables, eût souffert à sa cour un mennonite, c’est-à-dire la pire sorte de protestants qui existât à ses yeux.
En outre, à la cour de l’archiduc, on ne chômait pas de bons peintres. On y avait eu les Pourbus. Il faut se souvenir' en outre qu’Adam van Noort et Octavio van Veen, les deux maîtres de Rubens pour ne citer que ceuxlà, avaient précédé de dix ans en ce monde la venue du maître de Delft, et que Rubens lui-même était seulement de neuf ans plus jeune que celui-ci. Or le génie de Rubens se montra encore plus précoce que la réputation de Mierevelt.
Le fait est, du reste, au fond, d’un intérêt médiocre. Le certain, c’est que notre peintre ne quitta point son pays. « Il demeura dans sa patrie, dit Campo Weyerman, et particulièrement entre les murs de sa ville de Delft, et ses seuls voyages furent pour aller quelquefois jusqu’à La Haye pour faire les portraits des sérénissimes princes de Nassau et d’autres grands personnages1. »
i. De Levens-beschrijvingen der nederlandsche konstschilders en konsts childeressen. La Haye, 1729 (1, p. 232).