LA MAISON DE MIEREVELT, A DELFT
MICHIEL VAN MIEREVELT.
Riche, influent, recherché comme artiste par les princes qui gouvernaient son pays, vénéré par ses confrères, « pourtraict » par van Dyck, c’est-à-dire assuré que ses traits parviendraient à la postérité1, il atteignit à une considération qu’aucun peintre hollandais n’avait obtenue avant lui et peut-être qu’aucun autre ne devait atteindre dans la suite. Ses rêves s’étaient réalisés et son bonheur eût été complet sans les deuils successifs qui s’accumulèrent dans sa famille.
Nous avons vu plus haut que Mierevelt survécut à sa première femme. De ce mariage il avait eu cinq enfants2 : trois filles et deux fils. Deux de ses filles se marièrent : l’une épousa le graveur Willem Jacob Delft; l’autre le notaire Jan van Beest. La troisième demeura fille et institua par testament ses neveux et nièces, les enfants de Delft et de Van Beest, pour ses héritiers. Toutes trois, Gertruyt, Maria et Commertje, son gendre Willem Delft et ses deux fils moururent avant lui.
Le coup dut être d’autant plus rude pour le pauvre artiste, que ses deux fils étaient en même temps ses élèves et que tous deux s’éteignirent à la fleur de l’àge.
Le plus âgé, Pieter, n’avait pas vingt-sept ans quand la mort vint le frapper. Déjà il marchait sur les traces de son père. Plus tard nous trouverons dans l’inventaire de celui-ci une série d’œuvres pieusement conservées par le vieux peintre. Beaucoup d’autres sans doute avaient déjà commencé sa réputation. Bleyswijk3 nous a laissé la des-
1. Ce portrait fut gravé par Willem Jacobs Delff; on en connaît cinq états, ils sont décrits dans la monographie de M. D. Franken : YŒuvre de W. J. Delft. Amsterdam, 1872.
2. Kramm est le seul biographe qui donne la liste des enfants de Mierevelt. 11 n’en compte que quatre toutefois et semble avoir ignore l’existence de Commertje.