LES RITES FUNÉRAIRES
C'est uue vérité banale qu'en tout temps et eu tout pays les rites funéraires sont intimement liés aux croyances des hommes sur l'autre vie. Mais ce n'est là qu'une vérité relative. Si tenaces que paraissent les croyances humaines, elles ne cessent de se modifier, soit sous l'influence de causes extérieures et par le mélange des races , soit par le lent travail de l'intelligence. Les rites au contraire demeurent à peu près invariables ; les générations qui se succèdent s'en transmettent l'héritage avec une sorte de respect irraisonné. Ainsi de jour eu jour l'accord entre les rites et les croyances diminue, si bien que de déviation en déviation les deux termes finissent par se trouver eu contradiction. On peut constater ce fait dans nos sociétés modernes, où les cérémonies funèbres restent chrétiennes alors même que ceux qui les célèbrent n'ont plus de sentiments chrétiens. Mais nulle part on ne le constate mieux que dans l'antiquité. Voyez les Grecs par exemple : chez ce peuple à l'esprit vif, curieux, inventif, qui eu quelques siècles a conçu et épuisé toutes les formes de la politique, de la philosophie, de la littérature et de l'art, les idées sur la destinée des âmes après la mort n'ont pas cessé de se transformer. Pour lui, à l'origine, la mort n'était pas autre chose qu'un changement de vie'. L'homme arrivé au terme de son existence mortelle entrait dans une seconde existence qui se passait tout près des vivants , à quelques pieds sous