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Fiistel de Coulanges, Cité antique, p

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L'ART KTRUSôUE.

terre, à l'eiulroit même où ses restes étaient déjtosés. L'âme restait associée a\i corps et s'enfermait avec lui dans la "tombe. Dans le cours des âges , cette croyance grossière et enfantine iit place à des conceptions plus élevées et plus abstraites. Ou en vint ;\ décomposer en quelque sorte cet être que la mort avait coudié dans la sépulture : à côté de ce corps qui tombait en poussière on imagina un principe indestructible, l'âme ou l'ombre, qu'on se figurait tantôt comme

Ombre l'i cheval entmlnèo par Chnron. Unie da mtm-e de Voltcmi. Micali. l'alia ftrnnti tt domiitio^ atUu, pi, XXTI.

un oiseau à lôte humaine, tantôt comme une image réduite du corps, tantôt comme un reflet de ce corps , reflet insaisissable quoi- (pie matériel, visible et non tangible, quelque chose d'analogue aux visions du rêve. Cette âme ainsi détachée du corps, on supi)osa qu'elle s'en allait, guidée par Hermès Psyclioponipe, vivre avec les autres âmes, loin du tombeau, dans une région souterraine qu'on apjjolait le séjour des ombres, royaume mystérieux qu'on se représentait dans une sorte de demi-jour lilafard, où les âmes erraient <lans des prairies d'asphodèle, oisives et inquiètes, tourmentées du regret (!<■ la

vie passée. Plus tard enfin, avec les progrès de la plailosopliie, ce séjour infernal, ce royaume d'Hadès, divisé en deux grandes régions, le Tartare et les champs Elysées, devint un lieu d'expiation et de récompense, où les ombres, classées suivant les mérites de leur conduite terrestre, étaient condamnées au supplice ou jouissaient d'une parfaite félicité. La distance était grande entre la notion épurée d'une immortalité réparatrice et la notion primitive de l'homme continuant ti vivre obscurément dans le tombeau. Et pourtant les rites funéraires n'avaient pas changé. Comme si l'on croyait que l'homme était toujours là, vivant dans les restes de son corps, on persistait à enterrer avec lui ses animaux familiers, ses ustensiles de ménage et de toilette, ses armes, jusqu'à ses provisions de nourriture. On lui souliaitait que la terre lui fût légère, et l'on venait tous les ans, à de certains jours, partager un repas avec lui.

Ce désaccord entre les croyances et les rites funéraires, nous le retrouvons chez les Etrusques. Connue les Grecs, ils ont l'idée de l'âme détachée du corps, l'idée abstraite de l'ombre. Des ombres sont souvent représentées sur les bas-reliefs ou les peintures de l'Étruiie. Les plaques peintes de Cervétri nous eu montrent une sous la forme d'une petite iigure ailée qui voltige au-dessus de la tête des vivants (pi. IV, 4). Ailleurs, sur les peintiu-es d'une tombe de Veii, l'ombre apparaît comme l'image réduite du mort '. Quelquefois elle est nue, mais le plus souvent elle porte le costume du défunt ou bien est enveloppée de la tête aux pieds de son linceul' (fig. 1-44). Comme les Grecs, les Etrusques croyaient aussi que les ombres ne restaient pas dans le tombeau, mais allaient toutes se rassembler, loin des corps, dans une région souterraine. Au moment où les yeux de l'homme se fermaient pour toujours, survenaient les tristes pourvoyeurs du monde infernal, les Furies avec des torches et des serpents, les démons armés de maillets, et surtout Charuiv' , non pas le Charon-nocher des Grecs anciens, mais le hideux Gharundas des Grecs modernes , affreux vieillard au

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