‹ L'art étrusqueChapitre 110 sur 357 · Sur le Charun étrusque, Toir Ambrosch, de · texte numérisé non relu

Sur le Charun étrusque, Toir Ambrosch, de

Cliaronle Etrmco, Bieslau, 1837. Braun, Aniiali, 1S37, 2, p. 353. PreUer, Gvledi. 3Iijlli., I, p. 510: ROmische .Vi/lli., p. 4G0. Deecke, ftc. For/ch,, II, p. 113. Daremberg et Saglio, au mot Çkaron.

L'AKT ETRUSQUE.

teint bleuritre, au nez crocliu, impatient d'enlever sa proie, comme le Thauatos d'Homère' ou d'Euripide", et qui a pour mission, comme Hermès, de conduire les âmes aux pays d'où l'on ne revient pas. Cellesci s'en vont avec loi, les unes à pied, ]ioussées comme un troupeau, les autres à cheval, sur un char ou sur un monstre marin. Plus d'une fois on voit ce sinistre voyage figuré sur les peintures et les urnes. La migration alioutit au royaume de Jfanfus et de Mania, les ])rinces des enfers'. Que deviennent-elles alors? Pour le dire avec précision il faudrait connaître, autrement que par ouï-dire, les lihri Acheruntieià^s Etrusques', livres dont les anciens nous parlent quelquefois" et qui devaient contenir toute la théorie étrusque sur l'autre vie. Tout ce qu'on peut dire, c'est qu'il semble qu'arrivées dans le séjour des ombres, les âmes n'y aient pas eu toutes la même destinée. 11 y en avait qui sous le nom de Lares prenaient rang parmi les divinités bienfaisantes, peut-être en récompense des mérites de leur vie terrestre". D'autres se trouvaient condamnées i\ une sorte de vagabondage expiatoire et malheureuses devenaient ]iour les vivants malfaisantes : ou les appelait Lcn-vœ. D'autres enfin, dont le sort était incertain, étaient désignées sous le nom de Mânes' ; elles demeuraient dans les enfers et n'en sortaient que trois jours jiar an, par une ouverture appelée mundus* , ]ionr roct-vdir les ]irières et les offrandes des vivants.

Ainsi à l'époque où nous connaissons en partie les sentiments du peuple étrusque, c'est-iVdire entre le sixième et le troisième siècle avant notre ère, l'Etrurie croit connue la Grèce que, s'il subsiste de l'homme quelque chose après la mort, ce quelque chose s'en va se perdre, loin des restes ensevelis, dans l'obscur séjour des dieux infernaux. !Mais par une contradiction analogue à celle de la Grèce elle ol «serve à l'égaid des défunts un certain nombre de ritesdont latradition reiiionteA une époque très ancienne, aux ])lus lointaines origines de la race, au temps oîi la

1 . Homère, Iliade, XVI, C7 1 . Pindare, IX- 0/y«i- /..yii', 33 (Hadùn).

Page 1