Fcstns, p. 149, éd. Millier
croyance à une vie posthume dans le tombeau était encore vivace et n'avait pas été encore modiiiée par le travail séculaire d'une philosophie latente.
Les monuments figurés nous laissent entrevoir quelques-uns de ces rites. Voici un homme qui vient de rendre le dernier soupir'. Il est là couché sur son lit et on lui ferme les yeux. Aussitôt éclatent autour de lui les démonstrations accoutumées, cris, lamentations, chants, gestes désordonnés, violences folles, toute cette tragédie du désespoir que les populations antiques, avec leur exuliérance méridionale et leur sensibilité
■ Défunt représenta sur un char de triomphe. Urne du nius^-e de Volterr Micali, Ilalta avan/i il dominio, atlas, pi. SXXIV.
d'enfant, savaient si bieujouer, où l'affliction sincère s'exaltait par la contagion de la douleur savante des pleureuses à gages déchirant leurs vêtements au son des instruments , s'arrachant les cheveux, se meurtrissant le visage et la poitrine avec une démence d'autant plus outrée qu'elle était feinte". Tout cela n'est pas tant pour soulager le cœur des survivants désolés que pour réjouir l'ombre du mort et caresser, si je puis dire, son amour-propre. C'est aussi pour réjouir le mort qu'au jour des funérailles, avant qu'il ne quitte pour toujours la surface de la terre, on le porte comme en triomphe au tombeau, avec toute la pompe d'une
1. Peinture de la Grotta del ITorto, Momtmenti, I, pi. XXXII.