‹ L'art étrusqueChapitre 15 sur 357 · I.AltT ETKLSylE · texte numérisé non relu

I.AltT ETKLSylE

aux premières tentatives d'établissement des Phocéens eu Corse et eu Italie, c'est-à-dire au milieu du sixième siècle environ. En tous cas, à la fin de ce siècle elle n'est pas encore très répandue, puisque ni Xanthos de Lydie ni Hellanicos ne la connaissent. Or nous savons aujourd'hui, grâce aux découvertes archéologiques, ce qu'était au sixième siècle la civilisation de l'Etrurie : elle avait lui caractère presque exclusivement oriental, qu'elle devait î\ son commerce avec les Phénico-Carthaginois. Imaginez maintenant des marins phocéens déliarquant dans un port étrusque et voyant passer devant eux des hommes et des femmes vêtus et parés suivant les modes asiatiques, avec de longues robes à fleurs, des sandales multicolores, des coiflures pareilles i\ des bonnets phrygiens, des bijoux où figurent des lions, des animaux fantastiques, des divinités ailées, des palmettes, etc. Tout cela n'est pas nouveau ])our eux : ces robes, ces sandales, ces coiffures, ces bijoux, ils les ont déjà rencontrés dans les rues de Phocée, portés par ces populations lydiennes qui vivaient dans le voisinage de leur métrojiole, avec lesquelles ils avaient été si souvent en affaires et qui, en déj)it des progrès de l'hellénisme sur les côtes de l'Asie Mineure et dans le royaume de Crésus, avaient néanmoins conservé les principaux traits de cette civilisation orientale que les Phéniciens de leur côté avaient propagée en Occident. Ils se croient donc au milieu d'Asiatiques, et s'en vont se disant que les Etrusques sont des Lydiens. Cette impression, ils la colportent, car un Grec ne voyage pas sans faire, comme Ulysse, le récit détaillé de tout ce qu'il a vu, et de proche en proche l'opinion se répand dans les ports et dans les agoras de la Grèce que l'Italie centrale est habitée par ime colonie de Lydiens. Hérodote, avec sa curiosité toujours en éveil, la recueille au passage, et comme d'autre part il sait qu'il y a eu en Lydie un héros Ti/rrln'noR ou Torr/ii'bos, que .sur les côtes de l'Asie Mineure ont jadis vécu des populations appelées TuîTrvoi, qu'enfin le .souvenir s'est conservé de migrations tyrrhéniennes vers l'Italie ', tout cela se combine dans son esprit. Il met un lien entre ces traditions épar.sos, disparates, et com-

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