‹ L'art étrusqueChapitre 147 sur 357 · Sen-ius, nd yEncnl, V, 7JJ; VU, GIJ · texte numérisé non relu

Sen-ius, nd yEncnl, V, 7JJ; VU, GIJ

ART ÉTRCSQfE. 29

Haruspice en observation. Fresque de la tombe François à TiUci. Xoël des Vergers, III, pi. XSVII.

enceinte et la vache en dedans. A mesure que la charrue avance, on a bien soin de rejeter vers l'intérieur les mottes de terre qui s'écartent. De distance en distance, à l'endroit où devront s'ouvrir les portes de la ville, on interrompt le sillon en soulevant la charrue. L'enceinte ainsi tracée est une enceinte désormais sacrée et que nul n'a le droit de franchir : les traditions romaines rapportent que Rémus, ayant eu l'audace de commettre ce sacrilège, le paya de sa vie'.

Les textes anciens nous laissent dans l'incertitude au sujet de la figure que devait dessiner sur le sol le soc de la charrue. S'il faut en croire Plutarque', elle était circulaire ; mais d'autre part les termes de Borna qiiadrata, par lesquels on désignait la vieille ville de Romulus sur le Palatin, impliquent un contour rectangulaire. Peut-être la contradiction n'est-elle qu'apparente. Nous avons vu qu'à une certaine époque la forme du ^e??!/^/»?^ paraît avoir été modifiée et, de ronde qu'elle était d'abord, être devenue carrée. Il est possible que ce changement dans la méthode de l'orientation sacrée ait eu jiour conséquence un cliangement dans le tracé du sillon.

§ 3. — LES MUUS d'enceinte.

Toutes les villes dont on retrouve aujourd'hui les restes en Étrurie paraissent avoir été de puissantes citadelles : les Etrusques étaient des maîtres dans l'architecture militaire. Leurs constructions défensives étaient si remarquables qu'elles avaient frappé l'imagination des anciens et qu'on leur attribuait l'honneur d'avoir inventé l'art des fortifications. Denys d'Halicarnasse, qui nous ra{)porte cette tradition, ajoute que, suivant certains auteurs, le nom de Tyrrhéniens ou Tyrséniens, qui désignait les Etrusques, leur avait été donné A cause de leur habileté à construire des tours (TJîTît:)^ L'étymologie est de pure fantaisie, puisque, comme nous le verrons plu.s loin, les tours ne paraissent qu'assez tard en Etrurie, mais elle témoigne du moins de l'impres-

1. Voir «ur cca ciTémonics Fustcl de Coulaii- | i. riuUrquc. /îo»im/iij., 11. gc«, /a Cité anlijur, p. 1S3 et aniv. I .X Denys (l'U:iIic., I, 30.

sion redoutable que produisaient les villes étrusques, perchées, comme des nids d'aigle, au sommet de hauteurs abruptes et d'approche difficile. Les Romains d'ailleurs eurent plusieurs fois l'occasion d'éprouver leur solidité. On sait quels efforts leur coûta le siège de Veiï : ils durent l'investir plusieurs années; les traditions romaines, exagérées sans doute par la légende , parlent de dix ans , comme pour Troie. Pour en finir avec une résistance que le blocus n'entamait pas, toute l'énergie de Camille fut impuissante et il fallut une surprise qui, amenant les assiégeants au cœur de la place, leur permit de prendre les renq^arts à revers'. Toutes les guerres entreprises par les Romains contre l'Etrurie donnèrent lieu à des sièges pénibles. Fidenœ fut assiégée huit fois; Vidsinu ne fut réduite que par la famine; Volaterrœ opposa à Sylla une longue résistance ; Xequùmm ne fut enlevée qu'après un long blocus et grâce à la trahison d'un halntant". Lorsqu'en parcourant l'Italie centrale on voit où s'élevaient jadis les cités étrusques, on est forcé d'admirer avec quel art les emplacements avaient été choisis en vue de la défense. Il est difficile d'imaginer des positions plus puissantes que celles d'Orviéto ( Viilsim'i\ , de Fiésole (Fœsulœ),de Cortone ( C'or/o»rt),de Volterra ( Volaterrœ . Volterra est à 500 mètres au-dessus de la mer, Orviéto à 350, Arezzo à 238, Pérouse à 520.

Théoriquement, le plan d'une forteresse étrusque aurait dû être ou circulaire ou rectangulaire, puisque le temphim n'a jamais eu que l'une ou l'autre de ces deux formes. Or, parmi les villes dont les murailles subsistent encore, il n'y en a pas ime qui réponde exactement à un cercle ou à un rectangle. Fœsidœ seule présente un plan à peu près rectangulaire''; Eusellœ, Cosa, Cortona , Saturnia, Falern s' en ra\-)prochent un peu", mais d'autres villes, comme Volaterrœ •• par exemple, ont un périmètre des plus irréguliers.

Comment expliquer cette anomalie ? C'est qu'en réalité le périmètre de l'enceinte fortifiée ne coïncidait pas nécessairement avec le périmètre du templum. Les anciens parlent souvent d'une bande de terrain

1. Tite-Live, V, \%. Florns, I, 12. , -1. Dennis, II, p. 22(i, 247, 3'.i5. Xvtizk,

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