Tite-Live, X
i>. Dennis, I, p. 4.S3.
C'est un des plus beaux spécimens de voûte qui soient conservés en Étrurie. Les voussoirs ont près de deux mètres d'épaisseur ; l'arc est en tas de charge et se relie à une maçonnerie d'un appareil très soigné, à joints réguliers et sans ciment (fig. 176). L'idée est venue que cette arche était peut-être un ancien pont permettant de franchir un petit affluent de la Marta. Mais à cet endroit il n'y a aucun affluent, et en admettant même qu'il soit aujourd'hui desséché ou qu'il ait changé de direction, on devrait pouvoir en retrouver le chenal ; or Dennis affirme n'avoir relevé aucune trace de chenal. Il est d'autre part difficile d'admettre, comme le pensent certains habitants du pays, que cette arche soit celle d'un ancien pont jeté sur la Marta, qui postérieurement aurait modifié la direction de son cours et aurait ainsi passé devant le pont au lieu de passer dessous. Outre qu'aucun indice ne prouve que la ^larta ait changé de lit, l'arche, si considérable qu'elle soit, a trop peu d'ouverture relativement à l'importance de la rivière, laquelle, étant l'unique déversoir des eaux du lac de Bolséna, est fréquemment sujette i\ des crues et n'aurait certainement pas pu se frayer un passage sous la voûte. Ce qui achève de démontrer que l'arche en question est une bouche d'égout, c'est le mur d'appareil régulier, haut d'environ 10 mètres, auquel elle se rattache à droite et t\ gauche, qui se continue sur une assez longue étendue et ne peut guère avoir été autre chose qu'un quai. C'est exactement la même disposition que celle qu'on observe î\ Rome, sur le bord du Tibre à l'endroit où vient aboutir la Chaca J/axima. Lj\ aussi l'égout débouche dans le mur du quai , aujourd'hui encore reconnaissable à quelques assises de pierres régulièrement alignées.
La Cloaca Maxima diffère un peu par sa construction de l'égout de Graviscœ. Au lieu d'un arc unique en tas de charge, la voûte présente trois rangs de voussoirs superposés (fig, 177). L'appareil est d'une régularité parfaite et ne comporte ni ciment ni crampons. Les anciens en admiraient beaucoup la savante ordonnance et rinébranlablo solidité. « C'est :\ peine, dit Tite-Live au siècle d'Auguste, si toute la magnificence de notre époque a pu égaler de tels travaux'. )> Pline disait A son tour :