Deouu, I, p. M
il. DeanU. I, p. 97.
li. Dcnnis. I, p. 417. Annnli, 1«2P. p. 192 ; IS.IO, 7. DcnnU, I, p. 209-213.
d'assurer les communications entre les centres de population. Pour les rendre plus faciles encore, il avait tracé des routes. La plupart étaient taillées au ciseau dans le roc vif. Lorsque le voyageur moderne monte à Orviéto, à Pérouse, à Sienne, à Cliiusi, à Fiésole, à Cortone, à Arezzo, à Volterra et à toutes les villes de l'Italie centrale qui occupent sur des hauteurs escarpées l'emplacement des cités étrusques, il suit des chemins en lacets qui, selon toute vraisemblance, ont été jadis tracés par des ingénieurs étrusques. Le temps et les hommes ont peu à peu ettacé la marque authentique du travail primitif. Mais on la retrouve sur certains points, sur le territoire de Veii, par exemple, à Cività Castellana, à Fescennium, à Norchia, à Biéda, ù Cervétri, à Pitigliano, à
Sovana, où les parois du rocher, le long | ^0
duquel on chemine, présentent de dis- "^fe. __ ■
tance eu distance des niches, des bouches 1;^ : M
d'égout, des portes de tombeaux, parfois ^^^^^^^^^^^T
même des inscriptions étrusques posté- „. ,.„ „ ,, ^ . .,
l 11 Fig. Il 8. — Coupe d'une chaussée itrasque
rieures évidemment à la construction de ""■= '"" ^"'"^ "'*'^'"''''' 'i'"'"^*' ^'"'"- ^'"'-
KUrts/ aer Etvusker, p. 25 .
la route ou tout au moins contemporaines'. Quelques-unes de ces routes ont conservé, taillé dans le tuf, le petit fossé latéral qui servait à la décharge des eaux de pluie (tig. 178). De tous ces travaux, les plus curieux sont deux chemins creux que l'on voit aux environs de Sovana ". Au lieu de tracer des lacets pour conduire du sommet d'un plateau à la plaine, on a percé dans l'épaisseur du tuf une gigantesque tranchée en jjente, large à peine de 3 mètres et profonde de 25. Les parois sont de part et d'autre percées de chambres et de niches sépulcrales, ce qui ne laisse aucun doute sur l'origine étrusque du travail. Ces routes quasi souterraines ont un aspect étrange et produisent une vive impression, surtout abandonnées comme elles le sont aujourd'hui et envahies par une végétation qui en rétrécit encore l'ouverture. Les habitants du pays osent à peine s'y aventurer.
1. Dennis, I, p. 10, U, 87, 89, 91, 118, 205, 209, 1 2. Dennis, II, p. 1:!. 214, 236, 497; II, 3. I
Y avait-il eu Étrurie des chaussées, au sens propre de ce mot, c'està-dire des voies à plate-forme artificielle? On voit à Fiésole ' les restes d'un pavage fjrnié de grandes dalles rectangulaires avec stries parallèles. A Pérouse, sous le uiveau de la chaussée actuelle qui traverse l'arc d'Auguste, on a découvert d'énormes dalles de pierre calcaire, longues de 1 mètre, larges de 80 cent, et épaisses de 0*^,30, usées ù certains endroits par le passage des roues". A Satumia, quelques restes subsistent encore de chaussées analogues, avec des ornières qui semblent avoir été creusées à dessein ^ Enfin Dennis, entre la hauteur occupée jadis par la ville de Graviscœ et le quai de la Marta, a relevé quelques débris de pavement et une double ligne de pierres, dans laquelle il reconnaît les substructions latérales d'une chaussée antique '. Tous ceux qui ont signalé ces restes s'accordent à déclarer qu'ils ne ressemblent en aucune façon à ceux des chaussées de l'époque romaine, qu'ils sont évidemment d'une date antérieure et ne peuvent provenir que des Etrusques. A défaut de preuves décisives, on pourrait cependant affirmer que les Étrusques ont comiu l'art de construire des chaussées pavées. On sait quelle fut l'habileté des ingénieurs romains en ce genre de travaux. Or les ingénieurs romains se sont formés à l'école de l'Etrurie. Il y a bien deux textes, l'un d'Isidore % l'autre de Servius", d'après lesquels il semblerait que les Romains eussent emprunté aux Carthaginois la tt-chnique des pavages. Mais ces deux textes sont en contradiction avec tout ce que nous savons du développement industriel des Romains. Carthage a heurté Rome sans la pénétrer. Le contact a été trop court et trop violent pour être fécond. C'a été un choc d'armées et de flottes, non une rencontre de civilisations. Hormis le modèle de ses galères et l'emploi des cavaliers numides, Rome ne doit rien à Carthage, au lieu qu'elle doit tout à l'Etrurie, à l'action lente et active de cette civilisation toscane qui florissait à ses portes et qui l'avait pour ainsi dire façonnée à son image dès le berceau.