‹ L'art étrusqueChapitre 172 sur 357 · Boiiché-Leclercq, Hi.4. de la diriuutiijn, IV, p. U · texte numérisé non relu

Boiiché-Leclercq, Hi.4. de la diriuutiijn, IV, p. U

pies étrusques, on jieut croire que la tradition de cette règle a son origine en Etrurie. L'unique ouverture t'ait pour ainsi dire partie de la détinition du mot templum '.

Dans quelle direction était-elle orientée? Ici nous nous trouvons en présence d'un problème très compliqué et qui n'est pas encore résolu d'une manière satisfaisante. Les textes anciens nous laissent dans la plus grande incertitude. J'ai déjà parlé du cardo et du decumamis, de ces deux lignes perpendiculaires l'une i\ lautre, sur lesquelles repose tout le système de 1 orientation étrusque et romaine, et qui théoriquement représentent lune le méridien (N.-S.), l'autre la ligne ouest-est. Or voici une première difficulté. Le tracé de ces ligues génératrices répondait-il dans la pratique à la définition qu'on en donnait; en d'autres termes, joignaient-elles exactement les quatre points cardinaux relevés avec précision d'après des données astronomiques constantes? Il semble que non, les anciens ne connaissant point létoile polaire. Il est probable qu'on suivait une méthode empirique fondée sur des observations locales. Cette méthode consistait-elle i\ tracer d'abord la méridienne en marquant, suivant le procédé indiqué ]iar Pline ", les points où l'ombre d'un homme debout est le plus petite, et à rapporter au cardn ainsi obtenu la ligne perpendiculaire du derumanus? Ou bien au contraire était-ce le decumanu.f (pi'on déterminait d'abord en reliant les points où le soleil i)araissait et disparaissait, points variables à l'infini et qui dépendaient des saisons, de l'altitude des localités et de la configuration du sol? Autant de méthodes, autant de résultats différents, si bien que dans un même endroit il pouvait y avoir plusieurs cardines et plusieurs dicummii. La pratique était si peu fixée qu'on en vint j\ ne plus attacher de sens précis k ces deux termes. Il arriva (jue le decumanus désigna le sens de la plus grande largeur, et cardo le sens de la plus petite, indépendamment de toute orientation solaire, et l'on vit en C'ampanie le (/ec»»?»//»*" coïncider avec le méridien et le cardo avec la ligne ouest-est '. Comment se recon-

1. Fftns, p. l.>7 (id. 0. MUlIcr), col. 1, ligne j î. Pline, //. .Y., XVIII, .Tjr..

27. Vairon, Liug. latin., VII, 13 ; Omut lemplum 3. Scrvius, wl Otonj., I, ïid. Voir Ifijuien, /<rij

r$tf ilelfrt cniilhiuo trplum »ec plut uitum tiitroiluin i ttmpliim, p. I6:i.

Iiahfre, I

L'AKCIIITECTURE RELIGIEUSE.

naître au milieu de cette confusion ? Ce n'est pas tout. Les textes nous disent que les deux lignes génératrices divisent le cercle de l'horizon en quatre secteurs égaux auxquels on donne les noms de antica,postica, dextra, lœva. Mais d'après quel principe ces dénominations sontelles attribuées à chaque secteur? La droite et la gauche sont-elles la droite et la gauche des dieux, qui sont censés résider au nord du monde et faire face au midi ' ? Sont-elles au contraire la droite et la gauche de l'augure debout au decussis, c'est-à-dire à l'intersection du cardo et du dccumanus? Et dans ce cas quel est le point de mire de l'observateur? Est-il au nord ou au midi, à l'est ou à l'ouest? Nous n'en savons rien, et il semble que les anciens n'aient pas été bien fixés à cet égard. Car pour Varron et Festus la droite est à l'ouest, la gauche à l'est, Yanh'ca au sud et la posticc au nord " : pour les A<jrimensores , la droite est au nord, la gauche au sud, Yanfiai A l'ouest, la posù'ca à Fest '' ; enfin pour l'augure romain, (jui, voulant aider à la production des signes heureux et ne pas voir les autres, se tourne au levant, la droite est au sud, la gauche au nord, Vantica à l'est et la postica à l'ouest '. Sur des données aussi incertaines on ne peut bâtir que des hypothèses, et il n'y a guère ajiparence que l'on arrive jamais avoir bien clair dans la théorie de l'orientation étrusque. S il faut cependant prendre un parti, voici à quel système nous nous arrêterions '. Les anciens nous disent que les haruspices étrusques, quand ils contemplaient le ciel pour y chercher les signes à iiiteri)réter, ne se contentaient pas de la division du teinphan en quatre grands secteurs par les deux diamètres perpendiculaires {cardo, decumanus), mais qu'ils partageaient chacun de ces secteurs en quatre, obtenant ainsi 16 petits secteurs ou régions, ce qui leur permettait de localiser avec plus de précision les phénomènes observés ''■. D'autre part, dans un texte de

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